• Appel aux pédés et aux gouines

    boulevard-voltaire-la-cage-aux-folles

     

    Professeur de philosophie.

    Il fut une époque où être homosexuel, si cela vous exposait au regard méprisant du bourgeois bien-pensant, cet ancêtre du bobo, faisait de vous un anticonformiste par excellence. Ce qui vous classait dans la catégorie des artistes, aventuriers et autres personnages troubles que la société, la bonne, tolérait parce que, mon Dieu, il faut de tout, même « ça », pour faire un monde.

    Il ne serait jamais venu à l’idée des gouines et des pédés de l’époque de réclamer le bénéfice du mariage. Le mariage, institution bourgeoise s’il en est, était bon pour ceux qui voulaient une vie rangée, avec un métier, une maison, une femme, des enfants et un chien. Question animal, ils préféraient, avec La Fontaine, le loup au chien.

    Aujourd’hui foin des pédales ou des tondeuses à gazons, voici venu le temps des gays et des lesbiennes (ajoutons-y les transsexuels et transgenres pour ne peiner personne). Ils ont un loft dans le Marais, un conjoint, un jack russel, parfois même des enfants. Que leur manque-t-il pour que le bonheur soit parfait ? La reconnaissance publique de leur amour, comme pour les hétéros, bref le mariage.

    Sans doute imaginent-ils que le mariage, célébré par un maire joufflu et moustachu, confère au couple une protection magique contre l’affaiblissement du sentiment amoureux. Ils succombent là à une illusion commune à tous les jeunes convolants. Si le mariage religieux peut conférer une grâce, c’est celle de supporter le conjoint plus que de préserver son amour. Le mariage civil ne confère, lui, aucune grâce et n’est là que pour compliquer la séparation quand la passion originaire, inévitablement, disparaîtra. Car la passion ne dure pas.

    Un écrivain à la mode estime que l’amour dure trois ans. Il confond l’amour dans la passion, mais il n’a pas tort. Le brasier ne peut durer. Mais qu’importe cela à l’État ? Il n’a pas à juger de l’amour de ses citoyens pas plus que de leur pratiques sexuelles, de leurs névroses ou de leurs sentiments en général. Par contre il lui importe qu’ils fassent des enfants. Sinon, plus de citoyen et donc plus d’État. Et toute institution tend à persévérer dans son être.

    Or le temps de l’éducation d’un enfant n’est pas celui de la passion. Le mariage est donc là pour compliquer la séparation des époux, pour les forcer à rester ensemble. Bien entendu, cela n’empêche pas les séparations. On sait qu’un mariage sur trois se termine par un divorce. Mais a-t-on suffisamment pesé que cela signifie que deux sur trois résistent ? Ce qui est assez extraordinaire quand on sait la difficulté qu’il y a à supporter les défauts de quelqu’un, ne serait-ce que quelques mois. C’est qu’un couple marié, c’est une maison en commun, un compte-joint, des dettes communes… Bref, un ensemble de liens bourgeois qui fait qu’on a plus intérêt à rester dans des routines confortables que de se séparer, d’entamer une procédure de divorce longue et coûteuse, et de risquer de se trouver seul à un âge où notre attrait physique a pour le moins diminué. Tout cela pour le plus grand bien des enfants du couple.

    Mais alors, quel intérêt pour des homosexuels de se marier ? Les enfants ? Il faut encore un homme et une femme pour cela. C’est bien la raison pour laquelle le mariage est l’institution dans laquelle la parité a toujours été scrupuleusement respectée. L’adoption ou la procréation médicalement assistée ne peuvent être que des exceptions, voire des pis-aller. Ce mariage ne peut apporter que des inconvénients aux homosexuels sans aucun avantage.

    Mes amis pédés et gouines, rejetez cette prétention insensée au mariage. Voulez-vous des enfants ? Mariez-vous avec un homo de l’autre sexe, vous en avez tout à fait le droit. Faites-lui l’amour quelques minutes en pensant à autre chose, le temps de faire un enfant ; croyez-vous que chez les couples hétéros le désir soit toujours présent ?

    Faites donc comme eux si vous voulez être comme eux. Vous aurez toujours l’avantage sur eux de pouvoir prendre un amant pour le plaisir, sans avoir à mentir à votre conjoint qui fera de même.

    Pierre Van Ommeslaeghe, le 27 octobre 2012

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