• Catalogne : quitter l'Espagne, c'est quitter l'Union européenne

    Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-04-19T11:32" itemprop="datePublished" pubdate=""> 19/04/2013 à 11:32</time>

    Bruxelles voit aussi d'un très mauvais oeil les projets d'indépendance de la Flandre ou de l'Écosse. Et le fait discrètement savoir.

    <figure class="media_article panoramique" itemprop="associatedMedia" itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject"> Mardi 11 septembre 2012, un million et demi de personnes ont défilé à Barcelone pour l'indépendance de la Catalogne. <figcaption>Mardi 11 septembre 2012, un million et demi de personnes ont défilé à Barcelone pour l'indépendance de la Catalogne. © Lluis Gene / AFP </figcaption> </figure>

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    C'est un simple courrier daté du 4 octobre 2012. Il est passé assez inaperçu en dehors de l'Espagne. Le secrétaire d'État espagnol aux Affaires européennes, Iñigo Méndez de Vigo, interroge alors Viviane Reding, vice-présidente de la Commission et commissaire à la Justice, sur les conséquences d'une éventuelle indépendance de la Catalogne. Il invoque l'article 4-2 du traité de Lisbonne qui dispose que l'UE "doit respecter la souveraineté des États membres" et ne peut "reconnaître une déclaration unilatérale d'indépendance d'une partie d'un État membre".

    Le ministre espagnol demande en substance à Viviane Reding si son interprétation est correcte. Réponse sans ambiguïté : oui. Conclusion qui s'impose : si la Catalogne quitte l'Espagne, elle quitte l'UE et devra négocier son adhésion. Comme il faut l'unanimité pour admettre un nouvel État et procéder à une laborieuse ratification, le processus est impossible tant que l'Espagne s'oppose à l'émancipation de la Catalogne. Ajoutons que le référendum qu'Artur Mas, président catalan, veut organiser est jugé inconstitutionnel par Madrid. Tactique politicienne ou volonté réelle d'aboutir : il vient de nommer un conseil national de transition de 14 personnalités catalanes chargé d'examiner tous les volets de la future indépendance : passeports, police, fiscalité, armée, monnaie, dette. Cette dernière se monte à 50 milliards d'euros et, ironie du sort, Barcelone a dû réclamer la garantie de Madrid...

    Le test du référendum en Écosse

    Même son de cloche, sur le même sujet, à propos de l'Écosse, qui va se prononcer, là aussi, par référendum, en septembre 2014. Deux experts juridiques mandatés par le gouvernement britannique ont rendu leur rapport le 11 février dernier. Ils sont formels : si l'Écosse choisit l'indépendance, elle abandonne ipso facto l'UE. C'est un nouvel État, et s'il veut faire partie de l'Union européenne, il devra poser sa candidature. Une conclusion qui devrait faire réfléchir les électeurs, complique les affaires d'Alex Salmond, Premier ministre écossais, et arrange bougrement celles de David Cameron.

    En Belgique, le chef de file des indépendantistes, flamands, bourgmestre d'Anvers depuis janvier 2013, est, lui, plus discret sur les échéances. Il manoeuvre, parle d'objectifs à long terme, d'étapes nécessaires. Il sait pertinemment que ses compatriotes refuseraient probablement in fine un saut dans l'inconnue. Car les juristes spécialistes des arcanes européens sont unanimes : un nouvel État implique une nouvelle adhésion. Et le référendum écossais servira de test.


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