• Chavez & Jésus : Mélenchon, si tu savais !

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    Consultant.

    Il n’y a pas à dire, la proximité des derniers instants, ça vous recadre un homme. Et ce bon Chavez, ça faisait plus d’un an qu’il les voyait s’approcher, ses derniers instants.

    Les commentaires idiots qui affluent de France depuis son décès prouvent qu’il est très difficile pour des politiciens français de comprendre un homme qui aime son pays, son peuple, et consacre sa vie à ces deux causes. Ça fait tellement longtemps que la phrase « Je fais à la France le don de ma personne » fut prononcée pour la dernière fois…

    Chavez, tout à son peuple, a donc vécu une lente et très douloureuse descente jusqu’à ses derniers mots : « Je ne veux pas mourir. »

    Et cette descente physique fut l’occasion d’une montée spirituelle, une ascension vers la foi de son enfance, mais surtout la foi des Vénézuéliens, la foi catholique.

    Chavez, on le sait, a beaucoup invectivé l’Eglise, et en particulier les évêques locaux, les traitant d’ « hommes des cavernes », de « néanderthaliens ».

    Mais lorsque le Pape Benoît XVI est venu au Méxique, l’année dernière, c’est un Chavez pélerin qui a demandé à rencontrer — pour la seconde fois — celui dont il disait : « Il n’est aucunement l’ambassadeur du Christ.» Et d’expliquer :

    Le Christ est dans le peuple et en ceux qui combattent pour la justice et la libération des déshérités, c’est là qu’est le Christ – le véritable Christ, Notre Père, le libérateur des pauvres de la Terre, l’exemple suprême de sacrifice pour ceux qui souffrent.

    On peut juger ces propos peu amènes envers le successeur de Pierre, mais nul ne pourra nier leur inspiration chrétienne, à faire vomir le camarade Mélenchon et ses frères trois-points.

    Chavez était vénézuelien avant tout. Et un Vénézuelien, c’est chrétien. Même si, parfois, sa foi pouvait se teinter de paganisme, avec un brin d’admiration pour telle ou telle déesse locale.

    Dernier tweet d’Hugo Chavez

    Il est aisé, sous nos contrées cyniques et nihilistes, de ne voir dans cette ferveur qu’une stratégie de conquête de l’opinion. Pourtant, comme De Gaulle n’allait pas devenir dictateur sur la fin de sa vie, le dictateur Chavez n’avait pas besoin, après 14 ans au pouvoir, de devenir grenouille de bénitier pour séduire son peuple. Même si quelques larmes arrachées à la Vénezuelienne-de-moins-de-cinquante-ans ne pouvaient pas faire de mal à la popularité du « Grand Pôle Patriotique », un homme qui se meurt du cancer dans d’horribles souffrances peut naturellement laisser tomber ses vieux oripeaux de bouffeur de curé. Le Mitterrand des « forces de l’Esprit » n’en est pas le moindre témoignage.

    Il y a un an, Chavez s’exprimait à la fin du Carême :

    Jésus, donnez-moi Votre couronne, donnez-moi Votre croix, Vos épines pour que je saigne. Mais donnez-moi la vie, parce qu’il me reste beaucoup à faire pour ce pays et ce peuple. Ne me prenez pas encore. Peu importe les flammes et les douleurs, donnez-moi la vie.

    Il fut entièrement exaucé : il eut les épines et les douleurs, et quasiment un an de vie supplémentaire.


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