• Edward Snowden - Interview sur l'essentiel


    Edward Snowden - Interview sur l'essentiel par RenaissanceRevival

    C’est à Genève en 2007, à l’âge de 23 ans, qu’Edward Snowden a perdu ses illusions. Il travaillait alors à la Mission permanente des Etats-Unis auprès de l’ONU, raconte-t-il au Guardian . Sous couverture diplomatique, le jeune homme était employé par la CIA pour veiller à la sécurité du réseau informatique. Sa fonction lui aurait donné accès à de nombreux documents classifiés. «Ce que j’ai vu à Genève m’a vraiment désillusionné sur le fonctionnement de mon gouvernement et son impact sur le monde, dit-il. J’ai réalisé que je faisais partie de quelque chose qui causait bien plus de mal que de bien», confie-t-il au quotidien britannique.

    Le jeune homme ne détaille pas les pratiques dont il a été témoin au bout du lac. Mais il raconte cette histoire digne d’un polar: pour obtenir des renseignements, un espion de la CIA aurait entraîné un banquier dans une beuverie, avant de le pousser à prendre le volant. Le banquier se fait arrêter pour conduite en état d’ébriété. L’agent secret lui offre alors son aide pour le tirer de ce faux pas, et obtient ainsi sa loyauté. Outré, Edward Snowden songe, pour la première fois, à dévoiler les secrets d’Etat américains. Il se retient. Jusqu’à la semaine dernière, six ans plus tard. Entre-temps, l’informaticien est devenu consultant pour la National Security Agency (NSA) au sein de plusieurs sociétés privées. Sur la base de documents fournis par le jeune homme, le Washington Post et le Guardian ont révélé, jeudi, que cette puissante agence de surveillance américaine peut accéder directement à des données privées, avec la complicité de serveurs de neuf géants d’Internet (Microsoft, Yahoo!, Google, Facebook, PalTalk, AOL, Skype, YouTube, Apple). Courriels, chats, photos, mots de passe ou vidéos, presque aucune communication humaine n’échappe à la surveillance de la NSA, qui collecte aussi des informations fournies par l’opérateur de téléphonie américain Verizon (LT du 08.06.2013).

    Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) confirme qu’Edward Snowden était attaché à la Mission américaine auprès de l’ONU, de mars 2007 à février 2009. Le Registre du commerce a conservé la trace d’un individu du même nom, né en 1983, installé depuis le 1er novembre 2008 au quai du Seujet 16, à Genève. En avril 2009, son adresse change pour la route de Pregny 11, l’adresse de la mission. Laquelle, interrogée par Le Temps , reste murée dans le silence. Le Ministère public de la Confédération a demandé quant à lui des clarifications sur cette affaire.

    Le parcours d’Edward Snowden a de quoi surprendre. Il interrompt ses études et s’enrôle dans l’armée en 2003. Sa carrière militaire s’arrête brutalement après un accident. Il est alors recruté par la CIA, qui remarque ses compétences en informatique et le laisse accéder à une masse de données sensibles. «Il y a dû y avoir une erreur de casting», estime un ancien diplomate américain, sous le couvert de l’anonymat. «Depuis le 11-Septembre, les services américains traitent de plus en plus de données. Ils se sont mis à recruter des jeunes doués en informatique», souligne un ancien membre des renseignements suisses.

    Edward Snowden a 29 ans aujourd’hui. Depuis Hongkong où il s’est réfugié, trois jours après avoir provoqué une fuite historique, il a décidé de sortir de l’ombre. Il explique au Guardian pourquoi il a quitté Hawaii, sa copine et un salaire de 200 000 dollars pour lutter contre le plus puissant service de renseignement au monde: «Je ne peux laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d’Internet et les libertés essentielles au moyen de ce système énorme de surveillance qu’il est en train de bâtir secrètement.» En 2008, au moment de l’élection du président Barack Obama, il croyait encore que les Etats-Unis mettraient un terme aux pratiques liberticides de l’ère Bush. «J’ai observé Barack Obama poursuivre exactement les mêmes politiques […] je me suis endurci.»

    Les réactions ne se sont pas fait attendre. Des élus américains demandent l’extradition du «transfuge». Les défenseurs des libertés individuelles saluent le courage d’Edward Snowden, érigé en héros au même titre que le soldat Bradley Manning, qui avait transmis 700 000 documents sur la guerre en Irak à WikiLeaks, et Daniel Ellsberg, auteur en 1971 de la fuite des «papiers du Pentagone» sur la guerre au Vietnam. L’espion américain risque gros, et il en est conscient: «Toutes mes options sont mauvaises.» Les autorités américaines ont ouvert une enquête et pourraient adresser une demande d’extradition à la Chine, Washington et Hongkong ayant signé un traité d’extradition en 1996. Un dossier qui pourrait s’immiscer dans les relations sino-américaines.

    source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e54987fc-d209-11e2-aaf4-e6dad6f67650|1


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