• François Hollande, président d'honneur du 28e tribunal dînatoire du CRIF.

     
    LIEN 

    Habitué des dîners du Crif, François Hollande n'a presque jamais manqué ce rendez-vous annuel du gotha politique français avec le Conseil représentatif des institutions juives. En février 2012, déjà candidat, il avait tenu à se rendre au Pavillon d'Armenonville, fendant même la foule pour aller serrer la main de Nicolas Sarkozy, qui venait d'achever son discours. Mercredi soir, c'est en président que François Hollande a été accueilli. Le premier ministre, lui, était absent. Il n'a pas séché pour se remettre de l'épreuve de la motion de censure, mais parce que le chef de l'État a demandé au Crif de se contenter d'une seule des deux têtes de l'exécutif, comme le font les autres institutions communautaires quand elles invitent les représentants de la République.
    Richard Prasquier, qui termine son mandat à la tête du Crif, a demandé en ouverture de son discours une minute de silence à la mémoire des victimes de Mohammed Merah. Des membres des familles étaient présents dans la salle. Le président du Crif a souligné que les actes antisémites officiellement recensés - 614, dont 96 avec violences contre des individus - «renouent avec ceux des pires années précédentes, au début des années 2000».
    Richard Prasquier estime que François Hollande fait «tout ce qu'il peut» pour lutter contre cette recrudescence. Il a salué son «engagement personnel et celui de toutes les autorités publiques d'aujourd'hui et d'hier», en ajoutant qu'il avait éprouvé «un intense sentiment de reconnaissance» en écoutant le «merveilleux discours» prononcé par le chef de l'État lors du dernier anniversaire de la rafle du Vél' d'Hiv'.
    Il a aussi jugé «exemplaire» la «fermeté de la France» face à la «perspective terrifiante d'un Iran nucléaire». Le seul sujet sur lequel il ait interpellé le président, c'est le Hezbollah, «qui tient le Liban et la Finul en otage». «L'Europe, qui connaît son rôle dans l'attentat de Burgas, en Bulgarie, et de bien d'autres, ne l'inscrit pourtant pas comme organisation terroriste, a rappelé Richard Prasquier. Cette frilosité est une faiblesse, nous ne la comprenons pas. Le chantage du Hezbollah et son impunité doivent cesser.»
    Selon des informations publiées le 4 janvier 2013 par le quotidien israélien Maariv, la France s'oppose au sein des instances européennes à la classification du Hezbollah en mouvement terroriste. Pourtant, c'est ainsi que Lionel Jospin, alors premier ministre, l'avait qualifié en 2000, au cours d'une visite en Israël et dans les Territoires palestiniens. Ce qui lui avait valu d'être chassé à coups de pierres de l'université palestinienne de Bir-Zeit.
    Richard Prasquier a évoqué le conflit au Proche-Orient pour dénoncer en France ce qu'il a appelé l'«israélophobie». Sans citer Stéphane Hessel, il s'est étonné que des «indignés», restés silencieux sur les massacres au Darfour ou en Syrie sous le règne d'Hafez el-Assad, aient «l'œil rivé sur Gaza, ce curieux “camp de concentration“». Il s'en est aussi pris, nommément cette fois, à Dominique Lesparre, maire PCF de Bezons, qui a élevé au rang de citoyen d'honneur le Palestinien Majdi Irhima-al-Rimawi, condamné à 80 ans de prison pour sa participation à l'assassinat d'un ministre israélien.
    Enfin, Richard Prasquier est revenu sur l'interminable feuilleton de l'affaire al-Dura, ces images d'une fusillade entre Israéliens et Palestiniens diffusées il y a douze ans sur France 2, où l'on voit un enfant palestinien mort. La cour d'appel a reconnu que des doutes existaient sur leur «authenticité», mais après moult péripéties, la justice n'a pas encore rendu son dernier mot. Et l'«enquête technique» réclamée par le Crif n'a toujours pas été menée.

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