• Georges Haldas : "L'accusation d'antisémitisme est totalitaire."

    "S'il est vrai donc que le Christ est venu, comme il l'a dit lui-même en prenant en charge précisément notre misères et nos souffrances, il ne pouvait pas non plus, me disais-je, en cette heure où nous étions nous aussi au Jardin des Oliviers et à Gethsémani, ne pas porter celles endurées, aujourd'hui, par les Palestiniens. Et je ne pouvais pas ne pas penser avec force ici à tout ce que nous avait rapporté, la veille, un autre Palestinien, de l'OLP, également : tout ce qui se passait, jour à jour, question souffrances et humiliations, violences aussi : ses compatriotes malmenés - il faut le dire - au quotidien par les Israéliens (l'armée). Torturés souvent lors de leurs multiples arrestations. Or, en évoquant cela - de parfaitement réel - je me suis, bien entendu, attiré l'ire de quelques Israéliens. Dont l'un, en particulier, par la suite, n'a pas hésité à me traiter d'antisémite. Une véritable injure, à mes yeux. De sorte que je l'ai expédié sèchement en lui lançant à la tête que j'en avais assez de cette réaction fréquente chez certains Juifs qui n'admettent pas la moindre critique quant à leur gouvernement ou à tel aspect de leur politique à l'égard des Arabes. Vous traitant sans autre forme d'antisémite. Inadmissible. Parce que trop facile, injuste, pas très intelligent, sournoisement démagogique en nous faisant passer pour raciste ; et, en fin de compte - et là est le pire - totalitaire, en ce que cette attitude exclut tout dialogue".
     
    Georges Haldas, Pâques à Jérusalem (L'Age d'Homme, 1995)

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