• Hollande 1er au pays des merveilles

    boulevard-voltaire-francois-hollande-pologne

    Le président de la République est à Varsovie. Il était temps. L’homme qui nous gouverne dépérissait, atteint d’une paralysante langueur proche de la mélancolie. Il n’en pouvait plus des « cocorico » de Montebourg, des « couac » d’Ayrault, des « cui-cui » des écologistes et des « couic » des communistes. Sa cour s’était transformée en basse-cour. En un mot, le roi se mourait. Mais le roi ne voulait pas mourir.

    Non pas qu’il tînt à la vie, un bien très éphémère à ses yeux. Il pensait à nous, ses humbles sujets : un être vous manque et tout est dépeuplé. C’est ainsi (Alice le fit avant lui) qu’il passa de l’autre côté du miroir. Là-bas se cachait un curieux pays dont le père Ubu avait très justement décrété qu’il n’était nulle part. La Pologne. Et tel le Huron à la cour de Louis XIV, il en fut ébahi, stupéfait et sidéré.

    Les Polonais travaillaient : beaucoup plus que 35 heures.

    Les Polonais pauvres, assez nombreux, aspiraient à devenir riches. Ils n’exigeaient pas, contrairement aux coutumes en vigueur dans le royaume civilisé de Hollande Ier, que les riches deviennent pauvres. Les Polonais se plaignaient naturellement de l’État mais n’attendaient pas de lui qu’il fasse leur bonheur à leur place. Les chômeurs polonais, plutôt que de se geler dans la queue devant leur Pôle-emploi à eux, traversaient les frontières pour aller chercher du boulot.

    « Comment peut-on être Polonais ? » demanda à ses conseillers, aussi dépaysés que lui, Hollande Ier qui avait lu Montesquieu. « Comment peut-on être Français ? » s’interrogèrent les Polonais, mais à voix basse de crainte de froisser un si important souverain étranger.

    Quant à ce dernier, pour dissiper le trouble qui l’avait envahi et se remettre du choc polonais, il commença derechef à préparer son voyage en Algérie. Et l’Algérie, ce n’est pas la Pologne étrange et bizarre. Nous partageons tant de choses avec ce pays. La langue, de plus en plus parlée chez nous. La religion, de plus en plus pratiquée dans nos contrées. La population, dont une partie importante fait de ses corps un pont sur la Méditerranée. L’Algérie, c’est la France. Hollande Ier sera là-bas chez lui.

    Pour revenir aux choses sérieuses, la France a une dette, une vraie, à l’égard de la Pologne. Elle l’a trahie, abandonnée par deux fois. En 1939, quand elle resta l’arme au pied tandis que les avions nazis bombardaient Varsovie. En 1945, quand elle (pas seule, il est vrai) laissa l’Armée rouge décider du sort de ce pays abîmé par l’Histoire. Ça vaut bien une repentance, non ?

    Pour se faire pardonner, notre bon roi doit ramener des bords de la Vistule des dizaines de milliers de plombiers polonais, de carreleurs, de peintres en bâtiments, d’ouvriers agricoles. Il paraît qu’ils travaillent au noir, se bourrent un peu la gueule et ont la détestable habitude d’aller à l’église.

    C’est comme ça qu’on les aime. Qu’ils soient les bienvenus !

    Benoît Rayski, le 17 novembre 2012

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :