• L'antiracisme, machine à fabriquer des racistes ?

    anti-racisme

     

    Journaliste, écrivain.
    Nicolas Gauthier est auteur avec Philippe Randa des Acteurs de la comédie politique. 29 € À commander en ligne sur francephi.com.

    Écrire pour Boulevard Voltaire, voilà qui devient, au choix, monotone ou fatigant. Monotone, parce que chaque jour que Dieu fait, une nouvelle affaire dégringole, plus obscène que la précédente, alors qu’on attend la prochaine qui a vocation à être plus abjecte encore. Fatigant, de plus, sachant qu’il y a plusieurs décennies de ça, ceux qui dénonçaient les maux de la France d’aujourd’hui passaient pour raides dingues. Un exemple ? La preuve par la Hollande (le « pays », pas François, pour une fois).

    C’est donc de la terre des Bataves, des tulipes et des moulins à vent, dont le legs à l’humanité participe du savant dosage entre décadence morale et esprit de chaisières, qu’on vient de se rendre compte que l’antiracisme, enseigné à l’école dès le plus jeune âge, n’était en fait qu’une sournoise machine à fabriquer du racisme…

    Sur le site Atlantico, messieurs Patrick Lozès, Robert Ménard et Guylain Chevrier dissertent de la chose. Présentations, tout d’abord.

    Robert Ménard, on ne le présente plus. Guylain Chevrier est membre du « Groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut Conseil à l’Intégration », soit un bidule de plus, auprès duquel le Conseil économique, social et environnemental peut faire figure d’ONU. Plus intéressant est le cas de Patrick Lozès, patron du CRAN, Conseil représentatif des associations noires. Là, nous entrons dans le vif du sujet. En effet, que dirait-on d’un CRAB, Conseil représentatif des associations blanches ? Qu’il s’agit d’une filiale française du Ku Klux Klan ? Pourquoi pas, après tout…

    Patrick Lozès, qui n’est sûrement pas mauvais bougre, se rend ainsi compte que le « racisme » ne saurait être l’apanage des seuls Blancs. À sa place, on serait content. Lui l’est probablement moins, se rendant compte, à la lumière de l’expérience néerlandaise, que racisme et xénophobie se portent d’autant mieux qu’on veut en administrer l’antidote dès la maternelle.

    À force d’enseigner à coups de pelle sur la tête à nos petites têtes extra-européennes qu’ils ne sont que victimes, forcément victimes et que leurs camarades de classes européens, descendants de bourreaux, sont forcément bourreaux, cet antiracisme aboutit effectivement à l’effet contraire, fût-il animé de « bonnes intentions ». L’enfant de victimes se vit toujours comme enfant de persécutés. Développe donc une rancœur relative à une souffrance qui n’est pas la sienne. Intériorise le fait qu’il n’est jamais qu’un « sous-homme » et un futur handicapé de la vie.

    Il serait peut-être plus simple de dire la vérité historique, la vérité tout court, consistant à rappeler que dans les siècles passés, tout le monde a colonisé tout le monde, du Nord au Sud et du Sud au Nord, que certains brassages de populations imposés furent tantôt heureux et tantôt moins et, qu’au bout du compte, il n’y a ni victimes ni bourreaux, mais seulement des peuples guidés par un élémentaire besoin d’expansion, chacun ayant voulu se tailler un empire à tel ou tel stade de son histoire.

    Et pourquoi ne pas inverser cette infernale dialectique, en considérant les choses telles qu’elles sont, admettre que tous les Terriens sont un brin xénophobes et se faire enfin à l’idée qu’en reconnaissant en chacun sa part de racisme, il fera peut-être un peu mieux vivre en notre jardin commun ? Mais que d’autres thésaurisent sur la chose, inventent des racistes là où il n’y en a pas, juste histoire de ne pas mettre la clef sous la porte, est un autre débat. Qu’il ne serait pas inopportun de mettre sur la table. Une fois, rien qu’une fois…

    Nicolas Gauthier, le 3 mai 2013

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