• La recherche de stabilité de la Fed ne fait qu'accroître l'instabilité du système

    Damien Cleusix

    L’institution américaine ne se rend pas compte que ses interventions engendrent des bulles spéculatives depuis 15 ans. Tout en assurant une stabilité à court terme, elle augmente les doutes à long terme et fausse la perception du risque

    Chief Investment Strategist, OffRoad Asset Management

    Les décisions de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont, aujourd’hui, une influence qu’elles n’ont jamais eue auparavant. Elle n’a pas encore réalisé que ses actions sont la force permissive de cette économie de bulles à répétition qui sévit depuis une quinzaine d’années. Une période où l’activité financière prend le pas sur l’activité économique, où l’on s’échange le capital productif existant plutôt que d’en créer du nouveau, où les dettes augmentent mais pas la capacité de les rembourser. Elle s’enfonce lentement mais sûrement en essayant, après chaque échec, une stratégie plus extrême. A. Einstein disait: «L’insanité, c’est faire et refaire la même chose et s’attendre à des résultats différents.»

    La Fed est depuis quelque temps contrôlée par une frange du monde académique, non élue, qui croit avoir reçu comme mission quasi divine d’assurer, outre la stabilité des prix et le plein-emploi, la stabilité financière. Le problème est qu’elle continue d’agir sans tenir compte des changements structurels qui ont bouleversé l’économie américaine et mondiale (croissance réelle potentielle de l’économie américaine bien inférieure à ses estimations, effets déflationnistes des progrès technologiques et de la mauvaise allocation des capitaux depuis la fin des années 90…).

    Il en a résulté une politique monétaire trop accommodante. Dans un premier temps avec des taux directeurs trop bas et, depuis qu’ils ne peuvent plus être abaissés, des injections monétaires sous la forme d’un programme de «Quantitative Easing» (QE) ainsi que des interventions verbales au moindre mouvement des marchés financiers.

    La Fed nous parle de politique de «contrôle optimal» qui est tout simplement l’utilisation de modèles macroéconomiques pour dériver l’évolution future des taux d’intérêt à court terme qui optimise le comportement de l’inflation, du taux de chômage et de la stabilité financière durant les années à venir. Amen.

    source : http://www.letemps.ch


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