• Les banques prêtes à tout pour continuer de spéculer en cachette

    Bloomberg révèle que Goldman Sachs tarde à se plier aux règles imposées à Wall Street. En Europe, le «prop trading» – la spéculation pour compte propre – prend de nouvelles formes, moins visibles. Les deux géants bancaires ont officiellement déclaré avoir mis un terme à ces pratiques il y a plus d’un an

    «Nous avons arrêté ces activités.» Non, les «traders» internes n’ont plus le loisir de «risquer [l’argent de la banque] sur ce qu’ils veulent», martelait l’été dernier Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs, devant les 400 invités de l’Economic Club de Washington. Promesse qui «aura tout lieu de surprendre les employés d’un département secret, appelée Multi-Strategy Investing ou MSI», écrit mardi l’agence Bloomberg, dans une enquête démontant la façon dont la plus influente des banques d’affaires s’emploie à contourner le tour de vis imposé il y a deux ans à Wall Street. En particulier la règle Volcker visant à limiter le «prop trading» – la spéculation à court terme à l’aide de l’argent des banques – et qui doit entrer en vigueur cette année.

    Au terme d’entretiens avec d’ex-collaborateurs, l’agence d’information conclut que cette filiale MSI – en réalité un fonds spéculatif géré en interne – n’a pas de clients et s’occupe de placer 1 milliard de dollars appartenant à la banque. Et dépend du «groupe des situations spéciales», division qui «utilisait l’argent de la banque pour tirer profit d’entreprises en situation de détresse et de taille moyenne». Et qui représentait «un centre de profit majeur, parfois le plus important» du groupe financier. Contacté par Bloomberg, un porte-parole de Goldman Sachs rétorque que l’entité MSI «n’est impliquée que dans des investissements de long terme». Et que si le décret d’application final de la règle Volcker «requiert d’autres changements, nous les introduirons».

    La philosophie des multinationales de la finance a-t-elle changé? Les habitudes des années de l’argent fou semblent y prendre d’autres formes, moins visibles. «Dans les faits, ce «prop trading» [spéculation pour la banque, ndlr] perdure sous le couvert d’appellations comme «tenue de marché», «animation de marché» ou «facilitation clients», prévient Christophe Nijdam, spécialiste chez AlphaValue, bureau d’analyse indépendant basé à Paris. Autant de pratiques autorisées par la règle Volcker aux Etats-Unis. Ou par le timide projet de réforme bancaire prévu en France.

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