• Les Etats-Unis sont à quatre jours du défaut de paiement

     

     

    L’espoir d’un déblocage entre républicains et démocrates repose sur le chef de file des démocrates au Sénat, Harry Reid. (Reuters)

    L’espoir d’un déblocage entre républicains et démocrates repose sur le chef de file des démocrates au Sénat, Harry Reid. 
(Reuters)

    Les espoirs d’un déblocage budgétaire reposent désormais sur le Sénat après le clash entre la Maison-Blanche et les républicains de la Chambre des représentants. A partir de jeudi, sans accord, l’Amérique sera en défaut de paiement

    Bill Richardson est un vieux sage. Ancien secrétaire à l’Energie du président Bill Clinton, il a aussi appris à négocier en qualité d’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’ONU de 1997 à 1998. Aujour­d’hui, alors que les Etats-Unis sont à quatre jours du défaut de paiement, il tire la sonnette d’alarme.

    Dans une tribune parue dimanche, il juge bon de faire appel d’urgence à des médiateurs extérieurs comme Timothy Geithner et Henry Paulson, deux anciens secrétaires au Trésor. Bill Richardson a négocié avec des chefs de tribu, des talibans, l’ex-président congolais Laurent-Désiré Kabila et a fait face à Saddam Hussein. A chaque fois, il l’a constaté: il est possible de trouver un compromis même avec ses pires ennemis. Il exhorte le Congrès à en tirer une leçon. Présent sur le plateau de l’émission dominicale Meet the Press sur NBC, Leon Panetta, l’ex-patron du Pentagone, est catégorique. Le gel partiel du gouvernement a «affaibli l’Amérique». Le monde entier reste suspendu au débat parlementaire américain. Le 17 octobre, le Trésor ne disposera plus que de 30 milliards de dollars. Même avec l’entrée de nouveaux revenus dans ses caisses, ce sera insuffisant pour honorer tous les créanciers des Etats-Unis.

    A Washington, le compte à rebours n’a visiblement pas rapproché démocrates et républicains. Un chef de cabinet du représentant républicain Eric Cantor et un élu démocrate en sont presque venus aux mains. Les espoirs nés des discussions entre républicains et la Maison-Blanche en fin de semaine dernière ont été douchés. Le président américain était ouvert à la possibilité de relever le plafond de la dette jusqu’au 22 novembre. Mais il n’est pas prêt à mener des négociations plus larges sur les questions budgétaires sans mettre fin sans délai à la fermeture partielle de l’administration, qui entre dans son 14e jour.

    En raison du clash entre Barack Obama et les républicains de la Chambre des représentants, lesquels restent fortement divisés, la balle est désormais dans le camp du Sénat. Le chef de file des démocrates, Harry Reid, a entamé des discussions samedi avec son homologue de la minorité républicaine Mitch McConnell. Réputée plus modérée, la Chambre haute porte seule les espoirs d’un déblocage. Les pourparlers promettent d’être animés. Les deux protagonistes, deux routiers du Capitole, souvent en désaccord sur la politique à mener, sont toutefois rompus à la pratique de la négociation parlementaire, bien que leur relation se soit fortement détériorée ces derniers mois.

     

    Harry Reid, qui n’a pas toujours été une figure forte du Parti démocrate, notamment quand il s’est agi de durcir la législation pour mieux contrôler les armes à feu, joue la partition de sa vie. Soutien indéfectible de la Maison-Blanche depuis le début de la crise budgétaire, il est resté hostile à tout chantage relatif à l’Affordable Care Act, la loi réformant le système de santé américain. Pour les démocrates, l’enjeu est de savoir jusqu’où résister à l’offensive du Tea Party sans s’exposer eux-mêmes à la vindicte populaire. Les négociations pourraient s’étirer jusqu’à jeudi. Et même si le Sénat, à majorité démocrate, s’entend sur un compromis, rien ne dit que la Chambre des représentants dominée par les républicains l’accepte.

    Dimanche, l’animateur de radio ultra-conservateur Glenn Beck avait rassemblé des jusqu’au-boutistes sur le National Mall à Washington pour apporter son soutien à la frange la plus radicale du Parti républicain.

    Sur le fond, personne ne conteste la nécessité de prendre des mesures pour réorienter le pa­quebot budgétaire américain (3600 milliards de dollars de budget annuel). Avec l’arrivée à la retraite d’un grand nombre de baby-boomers, les assurances maladie étatiques Medicare (pour les plus de 65 ans) et Medicaid (pour les plus pauvres) ainsi que Social Security (retraites) risquent d’alourdir le fardeau de la dette qui pourrait devenir incontrôlable.

    Dans cette optique, Barack Obama a proposé des coupes de 1800 milliards de dollars sur dix ans, dont 400 milliards dans Medicare et Medicaid. Du côté républicain, on voit plutôt d’un bon œil de telles mesures, mais on refuse la seconde partie de l’équation. La Maison-Blanche veut augmenter les revenus de l’Etat fédéral de 580 milliards en supprimant les niches fiscales afin d’investir dans les infrastructures, les technologies, la recherche et la scolarisation précoce. Barack Obama souhaite aussi corriger les conséquences néfastes du séquestre, les coupes auto­matiques et indiscriminées de 1100 milliards opérées dans le budget à partir du 1er mars 2013 sur une période de dix ans.


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