• Menaces sur l’identité sexuelle : le sociétal au service du capital

    Menaces sur l’identité sexuelle : le sociétal au service du capital

    par Léon Saint-Quay

    Enfin ! Quelle libération ! C’est un moment historique que l’on acclame en cœur, le « mariage pour tous » arrive en France.

    Tous les médias nous font part d’une victoire, celle de l’imparable évolution des mœurs, une véritable volonté populaire, opprimée pendant de longues années par le carcan obscur et néfaste de nos traditions dépassées. Une lettre ouverte de psychanalystes [1] nous confirme cette marche irrémédiable vers la Justice : les milieux intellectuels avaient toujours supporté l’idée du mariage pour tous, bien avant que, « enfin », la France se mette au « diapason de neufs pays européens, treize dans le monde et neufs États américains ».

    Une dépêche de l’AFP présentant l’exemple espagnol [2] abonde dans ce sens, « les mentalités évoluent » nous dit-on, et ceci entraîne les changements législatifs adéquats : au moment même où la France adopte le mariage pour tous, l’Espagne finit d’entériner constitutionnellement la loi. Cette dernière existe cependant depuis 2005, et 30 000 unions ont été célébrées en 7 ans.

    Mais le mariage pour tous n’est qu’une composante d’une nébuleuse multidimensionnelle de libération des mœurs. Au-delà de la norme du genre, les normes du nombre ou de l’âge tendent aussi à être relativisées, au nom des principes universels de l’ « Amour » « et du « Plaisir ». Bien sûr, le débat sur l’IVG reste bien présent, mais l’actualité montre des nouveautés significatives : au Brésil, un mariage entre trois personnes a été célébré, en s’appuyant, en toute légalité, sur l’imprécision de la nouvelle loi du mariage pour tous. [3] La commission de l’ONU sur la population et le développement étudierait la possibilité de reconnaitre l’existence de droits sexuels dès l’âge de 10 ans, pour ouvrir à tous les portes de l’information, la contraception et l’IVG. [4] Voilà de vrais indicateurs d’un mouvement vers l’Amour pour tous, sans contraintes aucune. Celui qui apprécie surtout l’aspect « Plaisir » pourra éventuellement aller l’acheter dans le plus grand bordel qui sera construit bientôt en Autriche, symbole du « passage de l’épicerie au supermarché de l’industrie du tourisme sexuel », nous dit son créateur. [5]

    Pour les sceptiques qui ne croient pas en l’ovation générale et démocratique faite au mariage pour tous, les défenseurs de cette liberté répondront que même du côté des institutions religieuses, pourtant berceaux de l’obscurantisme, le changement, c’est maintenant. Deux exemples anecdotiques – mais très ébruités – nous le prouvent : la première Église protestante francophone, le Synode de l’Église protestante Vaudoise (Suisse) a accepté de marier des homosexuels. [6] Côté Islam, un article paru dans 20 minutes le 5 novembre nous apprend que, dans le cadre d’une initiative complètement individuelle, un musulman a pour projet d’ouvrir une mosquée progressiste qui mariera des couples homos, rejoignant ainsi des modèles existants aux États-Unis. [7]

    Il n’y a pas d’exemple connu pour l’instant en ce qui concerne la troisième religion abrahamique. Peut-être, qui sait, Vincent Peillon impulsera-t-il le changement par un soutien à l’entrée de la théorie des genres et de la sexualité libre dans les écoles rabbiniques, comme il l’a fait ou accompagné au sein de l’école républicaine. [8] Etrangement, cela demeure peu probable.

    Au sujet de l’éducation justement, il est important de faire tous les efforts nécessaires à ce niveau afin d’éradiquer la résistance au progrès. Après la campagne choc quelque peu agressive de 2010, « L’homosexualité, ca te pose un problème ? » [9], c’est à présent carrément la ministre des « Droits des femmes » Najat Vallaud-Belkacem qui se déplace dans les lycées pour apporter la bonne nouvelle : « C’est la même chose d’être homosexuel ou d’être hétérosexuel… ». [10] Comprenons que le genre n’existe pas, et tout manque d’allégeance à cette règle universelle dans la cour d’école, insiste la ministre, dois faire l’objet d’un lynchage immédiat.

    Mais on pourrait même éviter par un travail en amont l’arrivée future dans les cours de récré de petits diables qui s’attacheraient aux obscurantismes d’antan. Ainsi, les supermarchés Super U lancent cette année un catalogue de jouets « unisexe ». La division filles/garçons disparaît, au profit de catégories thématiques. Super U confirme qu’il s’agit d’une adaptation à sa clientèle, et nous informe que cette nouveauté à « agréablement » surpris les parents. Si les fondements de cette affirmation ne sont pas présentés, on apprend par contre que cette tendance satisfait le comité Mix-Cité, une association qui milite depuis longtemps pour la transformation des catalogues de jouets qui refléteraient « une division archaïque des rôles sociaux ». Mais pour cette association, c’est seulement une bataille de gagnée. Elle a en effet des ambitions bien plus vastes : une vraie guerre au nom de la libération des mœurs. Leurs affiches de 2006 sont assez parlantes. On y apprend en outre qu’il faudrait enseigner aux filles qu’on peut se réaliser « garçon avec garçon, fille avec fille, à un, deux, trois ou plus, avec ou sans enfants »... [11]

    Cet aspect revendicatif des associations peut cependant nous amener à quelques questionnements. En l’occurrence, en quoi cette libération des mœurs est-elle une lutte « venue d’en bas » alors que l’opposition à leur avancée est absolument fictive ? Les médias ouvrent toutes leurs colonnes éditoriales et leurs plateaux télé à des organisations qu’on aurait d’ailleurs du mal à considérer comme représentatives. On est au-delà même du tartuffe, quand on sait que ces même associations « subversives et avant-gardistes » au nombre de militants pourtant famélique, sont financées par les institutions publiques, ou secondées dans leurs actions éducatives par une ministre en personne… Notons d’ailleurs que les revendications de ces associations sont les seuls points de programme « de gauche » que les gouvernements socialistes appliquent finalement une fois les élections conclues à leur avantage. Pour ce qui est des questions socio-économiques, l’actualité politique (TVA, TSCG…) et un rapide rappel de ces cinquante dernières années sont assez contrastantes. [12]

    Pourquoi cet acharnement à faire passer des reformes de société au mieux futiles, au pire abjectes, comme une vrai volonté populaire ? Pourquoi faire passer une marche forcée appuyée par des lobbys minoritaires pour une priorité nationale ?

    Pour répondre à cette question nous pouvons revenir sur la dernière fièvre de libéralisation des mœurs qu’ont été les années 70. Dans la filiation de Mai 68, un combat contre « l’autorité », le patriotisme traditionnel et l’oppression des femmes était alors mené. Quel a été le vrai bilan, en termes de permissivité sociale et électorale, de cette évolution des « mentalités » ? Un marché du travail complètement déséquilibré en faveur du capital suite à une immigration incontrôlée, la disparition de la souveraineté nationale dans les méandres d’une Europe libérale, et l’avènement d’une génération de femme « libres » et surtout consommatrices, c’est-à-dire des cohues hystériques se ruant sur les soldes [13], attirées par des publicités mettant en scène une de leurs semblables, comme un bout de viande, dans une posture plus que douteuse.

    Surprise ! Derrière « l’humain » se cachait l’économique, derrière le libertaire se cachait le libéral. Comme elle fonctionne, la méthode persiste. Aujourd’hui en particulier, en temps de difficulté du système monétaire mondial et d’accroissement des aberrations mondialistes, la carte joker de la « libéralisation des mœurs » est un bon support à l’oligarchie dominante. On nous vend donc grossièrement que tous les repères basiques qui ont structuré les familles et protégé les enfants depuis des siècles, dans différentes civilisations, ne sont que d’horribles jougs écrasant l’individu. Quelles que soient les évidentes conséquences désastreuses que cela amènera sur l’équilibre et le bien-être de tout un chacun, on continuera donc à grand pas la marche vers une société sans nation, sans tradition, sans passé, remplie bientôt d’individus sans genre et sans âge.

    Perdu dans ce meilleur des mondes dénué de sens, l’être humain pourra toujours remplir son existence névrotique de toutes les belles choses brillantes que la mode et la télévision lui ordonneront subtilement d’acheter. Un monde ou l’homme est réduit à l’état de consommateur nécessiteux. Un monde de division et de soumission. En bref, le monde rêvé par le capital apatride.

    [1] http://www.petitionpublique.fr/Peti...

    [2] http://www.courrierinternational.co...

    [3] http://24heuresactu.com/2012/10/28/...

    [4] http://www.egaliteetreconciliation....

    [5] http://french.ruvr.ru/2012_11_05/93...

    [6] http://www.romandie.com/news/n/Vaud...

    [7] http://www.20minutes.fr/societe/103...

    [8] http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...

    [9] http://www.respectmag.com/homosexua...

    [10] http://www.egaliteetreconciliation....

    [11] http://www.mix-cite.org/images/joue...

    [12] http://www.egaliteetreconciliation....

    [13] http://www.youtube.com/watch?v=TlLP...


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