• Fidel Castro : "Le plan de l’Otan est d’occuper la Lybie’’

    Le pétrole est devenu la principale richesse aux mains des grandes transnationales yankees ; cette source de richesse leur a permis de disposer d’un instrument qui a accru considérablement leur pouvoir politique dans le monde.

    Quand elles avaient décidé de liquider la Révolution cubaine qui venait de promulguer les premières lois justes et souveraines dans notre patrie, elles avaient recouru à une arme qu’elles jugeaient imparable : nous priver de pétrole.

    C’est sur cette source d’énergie que s’est développée la civilisation actuelle. Sur notre continent, le Venezuela a été le pays qui l’a payé le plus cher dans la mesure où les USA s’étaient emparés des gisements énormes dont la Nature a doté ce pays frère.

    À la fin de la dernière guerre mondiale, des quantités toujours plus élevées de pétrole ont été extraites des gisements d’Iran, ainsi que ceux d’Arabie saoudite, d’Iraq et des pays arabes situés autour qui en devinrent les principaux fournisseurs.

    La consommation mondiale n’a cessé de s’élever pour atteindre le chiffre fabuleux d’environ quatre-vingts millions de barils par jour, y compris ceux qui sont extraits des États-Unis, à quoi sont venus s’ajouter le gaz, l’énergie hydraulique et l’énergie nucléaire. Le charbon avait été jusqu’au début du XXe siècle la source d’énergie fondamentale qui permit le développement industriel, avant la production de milliards de véhicule automobiles et de moteurs consommant le carburant liquide.

    Le gaspillage du pétrole et du gaz est associé à l’une des plus grandes tragédies, absolument pas solutionnées, que souffre l’humanité : les changements climatiques.

    Quand notre Révolution a vu le jour, l’Algérie, la Libye et l’Égypte n’étaient pas encore productrices de pétrole, et une bonne partie des grosses réserves de l’Arabie saoudite, de l’Iraq, de l’Iran et des Émirats arabes unis restaient encore à découvrir.

    La Libye est devenue en décembre 1951 le premier pays africain à atteindre son indépendance après la Deuxième Guerre mondiale au cours de laquelle son territoire fut le théâtre de combats importants entre les troupes allemandes et celles du Royaume-Uni qui rendirent célèbres les généraux Erwin Rommel y Bernard L. Montgomery.

    Le territoire de la Libye est désertique à 95 p. 100. La technologie a permis de découvrir d’importants gisements d’excellent pétrole léger – qui produisent aujourd’hui 1,8 million de barils par jour – et des gisements abondants de gaz naturel. Cette richesse a permis au pays d’avoir une espérance de vie de presque soixante-quinze ans et le revenu par habitant le plus élevé d’Afrique. Son rude désert est situé sur un énorme lac d’eau fossile, qui fait le triple de la surface de Cuba, ce qui lui a permis de construire un vaste réseau de conduits d’eau potable à travers tout le pays.

    La Libye, qui comptait un million d’habitants à son indépendance, en a aujourd’hui un peu plus de six.

    La Révolution libyenne a eu lieu en septembre 1969. Son principal dirigeant était Mouammar Kadhafi, un militaire d’origine bédouine, qui s’inspira dès sa première jeunesse des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser. Nombre de ses décisions furent sans doute associées aux changements qui se produisirent quand, tout comme en Égypte, une monarchie faible et corrompue y fut renversée.

    Les habitants de ce pays ont des traditions guerrières millénaires. On dit que les anciens Libyens firent partie de l’armée d’Annibal quand celui-ci faillit liquider l’ancienne Rome en traversant les Alpes.

    On peut d’accord ou non avec Mouammar Kadhafi. Le monde est actuellement bombardé de nouvelles de toutes sortes, surtout produites par les médias. Il faudra attendre le temps nécessaire pour connaître vraiment ce qu’il a de vrai et de mensonges ou de semi-vérités dans ce qu’on nous dit de la situation chaotique en Libye. Ce qui est absolument évident à mes yeux, c’est que l’administration étasunienne se fiche bien de la paix en Libye et qu’elle n’hésitera pas à donner l’ordre à l’OTAN d’envahir ce riche pays, peut-être même dans quelques heures ou quelques jours.

    Ceux qui, motivés par de perfides desseins, ont inventé, hier dimanche 20 février dans l’après-midi, le mensonge selon lequel Mouammar Kadhafi se dirigeait au Venezuela, ont eu droit aujourd’hui à la digne réponse du ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolás Maduro, qui a affirmé « souhaiter que le peuple libyen trouve, dans l’exercice de sa souveraineté, un règlement pacifique à ses difficultés, de façon à préserver son intégrité et celle de sa nation, sans ingérence de l’impérialisme… »

    Je n’imagine pas, quant à moi, que le dirigeant libyen puisse abandonner le pays et fuir les responsabilités qu’on lui impute, qu’elles soient fausses ou non en tout ou partie.

    Toute personne honnête sera toujours opposée à n’importe quelle injustice commise contre n’importe quel peuple du monde. La pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l’OTAN s’apprête à commettre contre le peuple libyen.

    Pour les chefs de cette organisation belliciste, il y a urgence. Il faut le dénoncer !


    votre commentaire
  • Égypte : les mouvements sociaux, la CIA et le Mossad

    Les mouvements de masse qui ont forcé le renvoi de Moubarak révèlent à la fois la force et les faiblesses des soulèvements spontanés.

    D’une part, les mouvements sociaux ont démontré leur capacité de mobiliser des centaines de milliers, sinon des millions de personnes, dans une lutte soutenue et menée à bien, culminant par le renversement d’un dictateur et ce, d’une façon dont auraient été incapables – ou peu désireuses – les partis et personnalités d’opposition pré-existants.

    D’autre part, vu l’absence de la moindre direction politique nationale, les mouvements n’ont pas été à même de prendre le pouvoir politique et de concrétiser leurs revendications, permettant ainsi au haut commandement militaire de Moubarak de s’emparer du pouvoir et de définir le processus de l’« après-Moubarak » et garantissant de la sorte le maintien de la subordination de l’Égypte aux États-Unis, la protection de la richesse illicite du clan Moubarak (70 milliards de dollars), la pérennité des nombreuses sociétés appartenant à l’élite militaire et la protection de la classe supérieure.

    Les millions de personnes mobilisées par les mouvements sociaux en vue de renverser la dictature ont été efficacement exclues par la nouvelle junte autoproclamée « révolutionnaire » en définissant les institutions et mesures politiques, sans parler des réformes socioéconomiques nécessaires pour faire face aux besoins élémentaires de la population (40 % des Égyptiens vivent avec moins de 2 dollars par jour et le chômage des jeunes dépasse les 30 %). L’Égypte – comme c’est également le cas des mouvements estudiantins et sociaux populaires contre les dictatures de Corée du Sud, de Taiwan, des Philippines et de l’Indonésie – démontre que le manque d’organisation politique nationale permet aux personnalités et partis de l’« opposition » néolibérale et conservatrice de remplacer le régime. Ils se sont arrangés pour instaurer un régime électoral qui continuera à servir les intérêts impérialistes et à dépendre de l’appareil d’État existant tout en le défendant. Dans certains cas, ils remplacent les vieux copains de l’impérialisme par de nouvelles têtes. Ce n’est pas un hasard si les mass media encensent le caractère « spontané » des luttes (et non les revendications socioéconomiques) et confèrent un éclairage favorable au rôle de l’armée (sans considération pour les 30 ans durant lesquels cette dernière aura été le bastion de la dictature). Les masses sont encensées pour leur « héroïsme », la jeunesse de leur « idéalisme », mais on ne les propose jamais comme acteurs politiques centraux dans le nouveau régime. Une fois la dictature tombée, l’armée et les électoralistes de l’opposition ont « célébré » le succès de la révolution et se sont empressés de démobiliser et démanteler le mouvement spontané, afin de faire place nette pour des négociations entre les hommes politiques électoralistes libéraux, Washington et l’élite militaire dirigeante.

    Alors que la Maison-Blanche peut tolérer, voire promouvoir les mouvements sociaux en évinçant (« sacrifiant ») les dictatures, elle a bel et bien l’intention de préserver absolument l’État. Dans le cas de l’Égypte, le principal allié stratégique de l’impérialisme américain n’était pas Moubarak, mais bien l’armée, avec laquelle Washington était en collaboration constante avant, pendant et après l’éviction de Moubarak, faisant ainsi en sorte que la « transition » vers la démocratie (sic) puisse garantir la poursuite de la subordination de l’Égypte à la politique et aux intérêts américains et israéliens dans le Moyen-Orient.

    La révolte du peuple : les échecs de la CIA et du Mossad

    La révolte arabe illustre une fois de plus les divers échecs stratégiques de la police secrète, des forces spéciales et des services de renseignement des appareils d’État américain et israélien, dont aucun n’a anticipé – pas plus qu’il n’est intervenu pour l’empêcher – la mobilisation réussie ni n’a influencé la politique de son gouvernement à l’égard de ses dirigeants/clients faisant l’objet d’attaques.

    L’image que la plupart des auteurs, universitaires et journalistes projettent de l’invincibilité du Mossad israélien et de l’omnipotence de la CIA a été sévèrement mise à l’épreuve par leur échec – reconnu – à reconnaître la taille, la profondeur et l’intensité du mouvement de plusieurs millions de personnes décidé à évincer la dictature de Moubarak. Le Mossad, orgueil et joie des producteurs hollywoodiens, présenté comme un « modèle d’efficacité » par leurs collègues sionistes organisés, n’a même pas été capable de détecter la dimension d’un mouvement de masse dans un pays situé à la porte d’à côté. Le Premier ministre israélien Netanyahu a été choqué (et consterné) par la situation précaire de Moubarak et l’effondrement de son client arabe le plus important – en raison des renseignements déficients du Mossad. De même, Washington n’a absolument pas été préparé par les 27 services américains de renseignement et par le Pentagone, malgré leurs centaines de milliers d’agents payés et leurs budgets de plusieurs milliards de dollars, à l’imminence des soulèvements populaires de masse et des mouvements émergents.

    Il convient de faire plusieurs observations théoriques. Le concept prétendant que des dirigeants très répressifs qui reçoivent des milliards de dollars en aide militaire et entretiennent près d’un million de policiers, de soldats et de paramilitaires sont les meilleurs garants de l’hégémonie impérialiste, s’est avéré faux. Tout aussi faux celui qui prétend que nouer d’importants liens à long terme avec de tels dirigeants dictatoriaux sauvegardait les intérêts impérialistes américains.

    L’arrogance israélienne et la présomption de la supériorité organisationnelle, stratégique et politique des Juifs sur « les Arabes » ont été vilainement dégonflées. L’État israélien, ses experts, ses agents sous le manteau et ses universitaires de l’Ivy League ont été incapables de voir les réalités telles qu’elles se déroulaient, ignorants de la profondeur du mécontentement et dans l’impuissance à empêcher l’opposition de masse à leur client le plus précieux. Les publicistes d’Israël aux États-Unis, qui résistent rarement à l’occasion de mettre en exergue le « brio » des forces de sécurité israéliennes, que ce soit pour assassiner un dirigeant arabe au Liban ou à Dubaï ou pour bombarder un site militaire en Syrie, en sont restés tout un temps muets. La chute de Moubarak et l’émergence possible d’un gouvernement indépendant et démocratique signifieraient qu’Israël pourrait perdre son principal « flic en service ». Un public démocratique ne coopérera pas avec Israël pour maintenir le blocus de Gaza – affamant les Palestiniens dans l’espoir de briser leur volonté de résistance. Israël ne pourra pas compter sur un gouvernement démocratique afin de soutenir ses vols de terres par la violence en Cisjordanie et son régime palestinien fantoche. Pas plus que les États-Unis ne pourront compter sur une Égypte démocratique pour soutenir leurs intrigues au Liban, leurs guerres en Irak et en Afghanistan ou encore leurs sanctions contre l’Iran. En outre, le soulèvement égyptien a servi d’exemple pour les mouvements populaires contre d’autres dictateurs clients des États-Unis : en Jordanie, au Yémen et en Arabie saoudite. Pour toutes ces raisons, Washington a soutenu la reprise du pouvoir par l’armée afin de modeler une transition politique en fonction de ses desiderata et de ses intérêts impérialistes.

    L’affaiblissement du principal pilier du pouvoir impérialiste américain et du pouvoir colonialiste israélien en Afrique du Nord et au Moyen-Orient révèle le rôle essentiel des régimes qui collaborent à l’impérialisme. Le caractère dictatorial de ces régimes est une résultante directe du rôle qu’ils jouent dans le maintien des intérêts impérialistes. Et les envois d’aide militaire importante qui corrompent et enrichissent les élites dirigeantes constituent les récompenses pour avoir été les collaboratrices bienveillantes des États impérialistes et colonialistes. Etant donné l’importance stratégique de la dictature égyptienne, comment expliquer l’incapacité des services de renseignement américains et israéliens d’anticiper les soulèvements ? Tant la CIA que le Mossad ont collaboré étroitement avec les services de renseignement égyptiens et ont compté sur ces derniers pour leurs informations, écrivant même dans leurs propres rapports que « tout était sous contrôle » : les partis d’opposition étaient faibles, décimés par la répression et l’infiltration, leurs militants se languissaient en prison ou succombaient à des « crises cardiaques » provoquées par les « techniques d’interrogatoire » particulièrement dures. Les élections étaient manipulées de façon à élire des clients des États-Unis et d’Israël – pas de surprises démocratiques à l’horizon des court ou moyen termes.

    Les services de renseignement égyptiens sont entraînés et financés par des agents israéliens et américains et ils sont bien préparés à suivre docilement la volonté de leurs maîtres. Ils étaient si enclins à tourner des rapports destinés à séduire leurs mentors qu’ils négligeaient le moindre compte rendu concernant l’agitation croissante, que ce soit dans la rue ou sur Internet. La CIA et le Mossad étaient si incrustés dans l’énorme appareil sécuritaire de Moubarak qu’ils étaient incapables de fournir toute autre information émanant des mouvements populaires naissants et décentralisés, lesquels étaient indépendants de l’opposition électorale traditionnelle qui, elle, était bel et bien « contrôlée ».

    Quand les mouvements de masse extraparlementaires se sont précipités vers l’avant, le Mossad et la CIA ont compté sur l’appareil d’État de Moubarak pour en prendre le contrôle via l’opération typique du bâton et de la carotte : des concessions transitoires pour la forme et l’appel à l’armée, à la police et aux escadrons de la mort. Quand le mouvement est passé de dizaines de milliers de personnes à des millions, le Mossad et les principaux soutiens d’Israël au Congrès américain ont insisté pour que Moubarak « tînt bon ». La CIA en a été réduite à proposer à la Maison-Blanche des profils politiques de hauts responsables militaires dignes de confiance et de personnages politiques « de transition » malléables et susceptibles de marcher sur les traces de Moubarak. Une fois encore, la CIA et le Mossad ont démontré leur dépendance vis-à-vis de l’appareil de Moubarak sur le plan des renseignements à propos des gens qui pourraient constituer une alternative « viable » (proaméricaine et pro-israélienne), tout en ignorant les revendications élémentaires des masses. La tentative de coopter la vieille garde des électoralistes des Frères Musulmans via des négociations avec le président Souleymane a échoué, en partie parce que la Confrérie n’avait pas le contrôle du mouvement et parce qu’Israël et ses partisans aux États-Unis s’y sont opposés. En outre, la section des jeunes de la Confrérie a exercé des pressions afin que les Frères Musulmans se retirent des négociations.

    L’échec des renseignements a compliqué les efforts de Washington et de Tel-Aviv en vue de sacrifier le régime dictatorial dans l’intention de sauver l’État : la CIA et le Mossad n’ont pas développé de liens avec les nouveaux dirigeants émergents. Les Israéliens n’ont pu trouver le moindre « nouveau visage » assuré d’une base populaire et désireux de servir de vulgaire collaborateur de l’oppression coloniale. La CIA s’est engagée entièrement dans l’utilisation de la police secrète égyptienne pour torturer des suspects (« interprétation exceptionnelle ») et dans l’organisation de la police des pays arabes voisins. Il en est résulté que tant Washington que Tel-Aviv ont toujours favorisé une prise de pouvoir militaire afin d’empêcher toute radicalisation supplémentaire.

    En fin de compte, l’incapacité de la CIA et du Mossad à détester et empêcher la montée du mouvement démocratique populaire révèle la précarité des bases du pouvoir impérialiste et colonialiste. À long terme, ce ne sont pas les armes, les milliards de dollars, la police secrète ou les chambres de torture qui décident de l’histoire. Les révolutions démocratiques ont lieu quand la grande majorité d’un peuple se lève et dit « assez », s’empare des rues, paralyse l’économie, démantèle d’État autoritaire et réclame la liberté et des institutions démocratiques sans tutelle impérialiste ni soumission coloniale.


    votre commentaire
  • PAR MILLIONS SUR JERUSALEM NOUS MARCHERONS

    La guerre qui vient :

    Les quatre millions de manifestants massés hier sur Maydane al Tahrir ont entonné et répété un des slogan-phares de la résistance palestinienne  علقدس رايحين شهداء بالملايين (Par millions sur Jerusalem nous marchons)
    démontrant, si besoin en était, que la Palestine est et sera toujours au coeur des luttes révolutionnaires du monde arabe


    votre commentaire
  • Suez/Iran: les navires passeront aujourd'hui

    AFP

    Les deux navires de guerre iraniens devraient finalement emprunter le canal de Suez pour passer en Méditerranée mardi à l'aube, a annoncé aujourd'hui une source chargée de cet axe stratégique.

    "Leur agent maritime a indiqué ce soir que le passage se ferait mardi à l'aube", a affirmé cette source sous couvert de l'anonymat. L'Egypte a autorisé ces deux navires à emprunter le canal de Suez après avoir envoyé des signaux contradictoires, affirmant d'abord ne pas avoir reçu de demande de passage puis laissant entendre que les bâtiments étaient bel et bien bloqués.

    Leur agent maritime avait informé hier l'administration du canal que leur passage était repoussé de deux jours, à mercredi. Ce sera la première fois depuis 1979 que des bâtiments de guerre iraniens traverseront le canal de Suez.

    Selon l'agence officielle iranienne Fars, les bâtiments en question sont le Kharg, un navire de ravitaillement et de soutien de 33.000 tonnes, et le Alvand, une frégate de patrouille, tous deux de construction britannique. Israël, qui considère l'Iran comme un danger majeur pour sa sécurité, a dénoncé mercredi une "provocation" par la voix de son ministre des Affaires étrangères, le faucon de la droite nationaliste Avigdor Lieberman.

    Pour sa part, une source diplomatique iranienne à Damas a indiqué dimanche que la visite de deux bâtiments iraniens en Syrie était "de courte durée" et "conforme aux lois internationales".


    votre commentaire
  • Libye : Scissions au sein du régime ?

    Selon le site STRATFOR, Kadhafi aurait ordonné à l'armée de l'air de tirer sur des installations militaires. Il y aurait donc des défections dans certaines unités. Le site relate également des tirs de la Marine libyenne vers des cibles à l'intérieur des terres. Il va de soi que ces informations sont à prendre avec des réserves étant donné l'opacité de la situation. Aujourd'hui, deux Mirage F1 libyens ont atterri à Malte. L'un des pilotes a demandé l'asile politique.

     

    Mirage F1 libyen.jpg


    votre commentaire
  • Egypte : L'armée autorise les navires iraniens à emprunter le canal de Suez

    article lié : Moyen Orient : Révoltes arabes et influence militaire américaine

    Cette décision de l'armée égyptienne, annoncée par l'agence de presse officielle du pays vendredi, constitue une première depuis 1979. Israël s'inquiète.

    Deux navires de guerre iraniens ont reçu l'autorisation des autorités égyptiennes pour franchir le canal de Suez. C'est ce qu'a annoncé vendredi dans l'après-midi l'agence de presse officielle égyptienne. La Mena a précisé que la demande déposée par les autorités iraniennes stipulait que ces deux navires ne transportaient ni arme ni matériau nucléaire ou chimique. 

     

    Mercredi, Israël avait menacé de "remettre l'Iran à sa place" par la voix d'Avigdor Lieberman, le chef de la diplomatie. Ces navires iraient ensuite croiser au large de la Syrie en Méditerranée, non loin des côtes israéliennes «pour la première fois depuis plusieurs années». De fait, depuis 1979. 

    "Il s'agit d'une provocation, de la preuve que les Iraniens se sentent sûrs d'eux-mêmes au point qu'ils se conduisent avec le plus grand culot", a affirmé le chef de la diplomatie sur un ton martial. Selon lui, la communauté internationale "doit comprendre qu'Israël ne pourra pas supporter cette situation éternellement et devra agir avec fermeté". Autrement dit, Israël n'exclut pas de recourir à la force si l'Iran mène ses bâtiments à bon port en Syrie. 

    De son côté, l'Autorité du canal de Suez (SCA) avait fait savoir qu'elle "autorise les bateaux de toute nationalité à franchir le canal aussi longtemps que leur pavillon appartient à un pays qui n'est pas en guerre contre l'Égypte."

     

    Première étape vers le Liban

    Ce périple pourrait constituer une première étape vers le Liban, où Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, armé et financé par l'Iran, qui jouit d'une position dominante à Beyrouth, a affirmé mercredi être prêt à "envahir la Galilée" en cas de guerre avec l'État hébreu. 

    Les dirigeants israéliens sont d'autant moins enclins à fermer les yeux sur les manœuvres navales iraniennes qu'ils s'inquiètent de l'après-Moubarak. Le passage de ces bateaux par le canal de Suez constitue une sorte de test vis-à-vis de l'armée égyptienne, qui gère le pays. Dans un premier temps, les militaires israéliens ont voulu se montrer rassurants en se félicitant de la "coopération" entre les deux états-majors, mais une certaine méfiance est perceptible. À l'époque de Hosni Moubarak, les deux pays avaient noué une alliance de fait contre l'Iran. Ainsi, en juillet 2009, un sous-marin israélien avait franchi le canal de Suez au vu et au su des autorités égyptiennes, vers une destination "inconnue".

    Selon des experts militaires étrangers, cet engin, de classe Dauphin, susceptible d'être équipé de missiles nucléaires, aurait croisé dans le Golfe, non loin de l'Iran. À l'époque, l'Égypte s'alarmait des tentatives de déstabilisation de l'Iran auprès des communautés chiites disséminées dans les pays du Golfe. Plusieurs membres du Hezbollah accusés d'avoir préparé des attentats anti-israéliens sur le sol égyptien avaient été arrêtés et condamnés par des tribunaux du Caire. 

    Le coup de sang d'Avigdor Lieberman pourrait dans ces conditions permettre de voir si les dirigeants égyptiens maintiennent leur politique contre l'Iran, son programme nucléaire et ses tentatives pour étendre son influence dans tout le Moyen-Orient. 

    Seule certitude en tout cas, le projet de déployer "pendant un an" des bateaux de guerre au large de la Syrie à la demande du gouvernement de Damas avait été évoqué le mois dernier publiquement par les chefs de la marine iranienne. Des responsables israéliens de la Défense cités par les médias estiment que ce projet, s'il se confirme, illustre aussi la volonté de Téhéran de faire pression sur les États-Unis et les autres pays occidentaux pour obtenir le départ des leurs forces navales qui croisent dans le Golfe. 

    La construction d'une base navale française dans les Émirats et la présence permanente de la marine américaine dans le secteur ont provoqué une «certaine nervosité» parmi les militaires iraniens, affirment ces responsables.

    Source du texte : LE FIGARO.FR


    votre commentaire
  • Yémen, Bahreïn : la contestation s'étend dans les pays arabes

    Publié le 16.02.2011, 15h48 | Mise à jour : 21h13

    SANAA (YEMEN), 16 FEVRIER 2011. Pour la quatrième journée consécutive, des étudiants réclamant la chute du régime.

    SANAA (YEMEN), 16 FEVRIER 2011. Pour la quatrième journée consécutive, des étudiants réclamant la chute du régime.
    | AFP/MOHAMMAD HUWAIS

     
    Dans la foulée des soulèvements en Tunisie et en Egypte, la contestation contre les régimes en place se poursuit ce mercredi dans la péninsule arabique, au Yémen et à Bahreïn. A Aden, au sud du Yémen, deux manifestants sont décédés. A Bahreïn, des milliers de personnes se sont rassemblées à Manama pour réclamer des réformes dans ce petit royaume du Golfe, où l'opposition chiite a appelé à une «véritable» monarchie constitutionnelle.

    «Ali, dégage», scandaient des Yéménites à l'adresse du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, reprenant le slogan qui a fait florès, tant en Tunisie qu'en Egypte. Le 2 février, le dirigeant avait indiqué qu'il ne se représenterait pas pour un nouveau mandat. Dimanche, l'opposition parlementaire a annoncé qu'elle acceptait de reprendre le dialogue avec le pouvoir, suspendu fin 2010, après les promesses de réformes annoncées par le chef de l'Etat. Mais ces mesures ont été jugées insuffisantes par les contestataires.

    Les manifestant décédés, Mohammad Ali Alwani et Yassine Askar, avaient été touchés par des tirs des forces anti-émeutes. Celles-ci tentaient de disperser des centaines de jeunes qui s'étaient regroupés sur une place servant de gare routière. Hospitalisés, ils sont morts des suites de leurs blessures. Ces heurts sont intervenus alors qu'à Sanaa, la capitale, des affrontements ont opposé pour la quatrième journée consécutive des étudiants réclamant la chute du régime.

    Grève des fonctionnaires à Aden

    Les contestataires ont ensuite pris d'assaut le siège de la municipalité à Mansoura, un des quartiers d'Aden, et mis le feu à quatre voitures. Les forces de sécurité ont tiré pour disperser les manifestants, qui ont riposté en lançant des pierres sur les policiers.

    Dans le même temps, des centaines de fonctionnaires des entreprises publiques ont poursuivi un mouvement de grève à Aden. Ils souhaitent le départ de leurs directeurs et une hausse des salaires. Etat indépendant jusqu'en 1990, le sud du Yémen est le théâtre d'une contestation de Sudistes qui réclament l'autonomie voire l'indépendance.

    Barheïn : les chiites réclament une «monarchie constitutionnelle»

    A Manama, capitale du Bahreïn, des milliers de personnes se sont également rassemblées mercredi pour réclamer des réformes dans ce petit royaume du Golfe, dont les réserves de pétrole sont presque taries. Contrairement au Yémen où des manifestations avaient eu lieu dès janvier, le mouvement de contestation a été déclenché lundi à l'initiative d'internautes qui ont appelé sur Facebook à des manifestations pour réclamer des réformes politiques et sociales.

    C'est surtout la minorité chiite dans cet archipel de 741 km², gouverné par une dynastie sunnite, qui s'estime discriminée au niveau de l'emploi, des services sociaux comme l'habitat et des services publics fournis à leurs villages. Cheikh Ali Salmane, chef de l'opposition chiite, a réclamé «un Etat démocratique, une monarchie constitutionnelle dans laquelle le gouvernement serait élu par le peuple.». Il a assuré ne pas vouloir la chute du régime, ni l'instauration d'un Etat religieux sur le modèle iranien. Il a exhorté les protestataires à manifester «pacifiquement», soulignant que le sit-in à Manama pourrait «durer pendant des semaines, voire des mois pour réaliser ses revendications».

    LeParisien.fr


    votre commentaire
  •  

    Egypte : Révolte ou révolution ?


    Egypte: de la révolte à la Révolution ?


    votre commentaire
  • L’Egypte et le double langage de l’Occident


    L'Egypte et le double langage de l'Occident


    Voir aussi :

    Chronique d'un chaos annoncé


    votre commentaire
  • Le Proche-Orient «bientôt débarrassé des États-Unis et d’Israël»

    source

     

    -

    -

     

    Iran Le Proche-Orient «bientôt débarrassé des États-Unis et d’Israël»

    Le Proche-Orient sera «bientôt débarrassé des États-Unis et d’Israël», a affirmé hier le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, évoquant les révoltes en Égypte et en Tunisie dans un discours célébrant le 32 e anniversaire de la révolution islamique de 1979. «On verra bientôt un nouveau Proche-Orient sans Américains et sans régime sioniste, et dans lequel les oppresseurs n’auront aucune place», a affirmé le chef de l’État iranien. M. Ahmadinejad a prononcé son discours devant une foule immense (ci-dessus) rassemblée sur la grande place Azadi (Liberté) au centre de Téhéran, qui scandait cette année des slogans de soutien aux révoltes en Égypte et Tunisie, aux côtés des traditionnels cris «Mort à l’Amérique» et «Mort à Israël». Dans la soirée, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a déclaré que les Égyptiens avaient obtenu une «grande victoire», après l’annonce de la démission du président égyptien Hosni Moubarak, sous la pression de la rue. Photo AFP


    votre commentaire
  • Chronique d'un chaos annoncé

    Note Webrunner :

    Je sais que quelques uns d'entre vous vont sourire en voyant ce titre... J'espère que leur sourire durerera le plus longtemps possible, car, ce à quoi nous assistons en Egypte actuellement, est l'évènement géostratégique majeur du XXIeme siècle.


    "On ne sait pas comment l'armée va gérer l'interim"

    Alors qu'Hosni Moubarak a quitté le pouvoir qu'il occupait depuis 30 ans, Alain Frachon, directeur éditorial au "Monde", liste les questions qui se posent quant à la suite des évènements.


    votre commentaire
  • Le budget israélien de la défense devrait être augmenté

    Une première conséquence des troubles en Egypte ? Le budget israélien de la défense devrait être augmenté de 200 millions de dollars en 2011

    Tsahal ne s’en plaindra certainement pas. D’après le quotidien Yediot Aharonot, le gouvernement de Benyamin Netanyahou serait sur le point d’accorder une nouvelle rallonge budgétaire à l’armée israélienne. Quelques 190 millions de dollars (environ 700 millions de shekels) devraient ainsi être injectés dans les toutes prochaines semaines, portant le budget total de la défense à près de 15 milliards de dollars (56 milliards de shekels) en 2011.

     

    Tsahal.jpg

     

    Un membre de la commission des finances de la Knesset a toutefois nuancé cette information, affirmant qu’un tel ajustement budgétaire avait déjà été discuté en fin d’année. Mais officieusement, la situation d’instabilité en Egypte aurait lourdement pesé dans cette décision, l’Etat hébreu craignant qu’une chute brutale du régime d’Hosni Moubarak n’entraine une rupture du traité de paix signé en 1979. Pire, un réchauffement de son front sud.

    La semaine dernière, plusieurs responsables de l’état-major israélien ont publiquement exprimé leur inquiétude face à une possible détérioration des liens avec les autorités du Caire. "Si un régime hostile prend le relais en Egypte, l’armée devra se restructurer et déployer des forces adéquates", a précisé un haut gradé.

    De source militaire, on indique que Tsahal entend considérablement accroitre sa présence le long de la frontière avec l’Egypte. Coincidence : il se trouve qu’Israël a entamé début novembre la construction d’une clôture électrique longue de 140 kilomètres visant à déjouer les infiltrations depuis le désert du Sinaï. La structure, qui avait été initialement conçue pour faire face à l’afflux de réfugiés africains, pourrait désormais constituer un nouveau rempart de sécurité.

    A l’heure actuelle, la coopération entre Tsahal et l’armée égyptienne se déroule sans encombre. Pour la première fois depuis les accords de Camp David, Israël vient même d’autoriser le déploiement de deux divisions égyptiennes dans le désert du Sinaï. Ces forces sont venues appuyer la police en proie à une insurrection de la minorité bédouine, principalement dans le secteur d’El Arish.

    Source du texte : ISRAEL VALLEY


    votre commentaire
  • CIA: Trois nouveaux pays sur la liste des révolutions populaires

     


    Un rapport rédigé par la CIA (services de renseignements américains) et publié sur le site internet « Sahel-intelligence.com » prétend que l’Algérie, la Lybie et la Syrie connaitront les mêmes révolutions que la Tunisie, l’Egypte et le Yémen d’ici cinq ans.

    Selon ce rapport, publié également par le site Al-khayma.com, les pays monarchiques du Golfe, dont entre autre la Jordanie, viendront en troisième lieu, mais les revendications populaires ne toucheront pas les régimes de ces pays et les changements seront minimes, et ce, dû au système de régime royal imposé et aux importants revenus pétroliers.

    Un responsable américain ayant dévoilé une partie du rapport en question a affirmé qu’une équipe d’experts et d’analystes d’élite de la CIA sont arrivés récemment dans tous les pays arabes à la demande du Président Barack Obama, « pour aider les chefs d’Etat arabes à prendre des décisions politiques difficiles.

    Certains présidents ont ainsi contacté Obama par téléphone, comme l’a fait le Président yéménite Ali Abdallah Saleh », poursuit ce responsable sous le couvert de l’anonymat.

    Barack Obama avait en effet envoyé son plus haut conseiller pour la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme John Brenan, en Algérie vers la mi-janvier, en parallèle aux événements ayant chassé du pouvoir le président tunisien.


    votre commentaire
  • Menaces d’une intervention militaire des États-Unis, d’Israël et de l’OTAN contre les égyptiens!

    Le plan israélien Yinon.

     

    Les manifestations en Tunisie ont eu un effet domino dans le monde arabe. L’Égypte, le plus grand pays arabe, est désormais galvanisée par un soulèvement populaire visant à déloger le régime Moubarak au Caire. La question suivante s’impose : si le régime était chassé, quelles seraient les conséquences? Les États-Unis, Israël et l’OTAN regarderaient-ils simplement les Égyptiens établir un gouvernement libre?

    La parabole des dictateurs arabes est semblable à celle de la toile d’araignée. Même si l’araignée se sent en sécurité dans sa toile, celle-ci est en réalité l’un des foyers les plus frêles. Désormais, du Maroc à l’Arabie Saoudite, tous les dictateurs et tyrans arabes ont peur. L’Égypte est au seuil de ce qui pourrait devenir l’un des plus importants événements géopolitiques du siècle.

    Les pharaons, anciens ou modernes, connaissent tous leurs derniers jours. Les jours de Moubarak sont comptés, mais les pouvoirs derrière lui n’ont toujours pas été vaincus. L’Égypte constitue une part importante de l’empire mondial des États-Unis et le gouvernement étasunien, Tel-Aviv, l’Union européenne (UE) et l’OTAN ont tous un intérêt significatif à maintenir un régime fantoche en Égypte.
     
    En réalité, le gouvernement étasunien a œuvré contre la liberté dans le monde arabe et au-delà. Lorsque le président Obama dit qu’il devrait y avoir une période de « transition » en Égypte, cela signifie que Moubarak et le régime égyptien devraient demeurer intacts. Les États-Unis ne veulent pas d’un gouvernement populaire au Caire.

    Martin Indyk est un ancien représentant de l’administration Clinton au Conseil de sécurité nationale, avec certaines responsabilités reliées au Moyen-Orient et au conflit israélo-palestinien, et est aussi étroitement lié à l’administration Obama. Il a déclaré au New York Times que les États-Unis doivent œuvrer à amener l’armée égyptienne à contrôler l’Égypte, jusqu’à ce qu’un « leadership politique modéré et légitime [puisse] émerger ». Indyk a non seulement appelé à la mainmise de l’armée sur l’Égypte, il a également employé le double langage du département d’État étasunien. Ce que les représentants étasuniens entendent par « modéré » est une dictature ou un régime comme ceux de l’Arabie Saoudite, des Émirats arabe unis, de la Jordanie, du Maroc et de la Tunisie de Ben Ali. En ce qui a trait à la légitimité, aux yeux des représentants des États-Unis, elle signifie des individus qui serviront les intérêts étasuniens.

    Tel-Aviv est beaucoup moins évasif que les États-Unis à propos de la situation en Égypte. Par crainte de perdre le Caire, Tel-Aviv a encouragé le régime de Moubarak à lâcher toute la force de l’armée égyptienne sur les manifestants civils. Il a également défendu Moubarak au niveau international. Le rôle principal de l’armée égyptienne a toujours été de contrôler le peuple égyptien et de garder le régime de Moubarak au pouvoir. Il s’agit par ailleurs de la seule raison d’être de l’aide militaire des États-Unis à l’Égypte.
    L’Égypte révolutionnaire : un second Iran au Moyen-Orient?

    Si les Égyptiens arrivaient à mettre en place un nouveau gouvernement réellement souverain, cela équivaudrait à un second Iran au Moyen-Orient et provoquerait un important changement géopolitique régional et mondial. Les intérêts des États-Unis, de la Grande-Bretagne, d’Israël, de la France, de l’UE, seraient aussi profondément affectés et paralysés par ce qui correspondrait à une perte colossale, semblable à celle de l’Iran en 1979.

    Si un nouveau gouvernement révolutionnaire émergeait au Caire, les faux pourparlers de paix israélo-palestiniens prendraient fin, la famine des Palestiniens dans la bande de Gaza cesserait, la pierre angulaire de la sécurité militaire israélienne disparaîtrait et l’Awliyaa (alliance) irano-syrienne pourrait compter un nouveau membre important.

    Lors d’un discours, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a exprimé les craintes de Tel-Aviv concernant l’alliance de l’Égypte à l’Iran et l’ouverture d’une nouvelle porte à l’influence iranienne : « Téhéran attend le jour où la nuit tombera [sur l’Égypte]. » Netanyahou a raison sur un point : le ministère iranien des Affaires étrangères surveille avidement les événements en Égypte et les Iraniens attendent la formation d’un nouveau gouvernement révolutionnaire qui pourrait rejoindre l’Iran et le bloc de la résistance. Téhéran est ravi et l’Iran vibre aux discours de ses représentants, lesquels croient qu’il s’agit d’un éveil islamique.

    Alors que les membres arabes du bloc de la résistance [NDLT : Iran, Syrie Palestine, Resistance irakienne, alliance menée par le Hezbollah au Liban] ont fait des déclarations discrètes à propos des manifestations en Égypte, l’Iran, non arabe, a exprimé haut et fort son appui aux manifestants du monde arabe. La Syrie a fait des remarques feutrées craignant qu’une révolte n’éclate chez-elle.
     
    Le Hezbollah et le Hamas ont également pris position timidement sur les manifestations qui ont lieu dans le monde arabe, car ils souhaitent éviter que les régimes arabes les ciblent et les accusent de se mêler des manifestations.

    Chaque fois qu’ils en ont l’opportunité, les régimes arabes soi-disant « modérés » cherchent à diaboliser ces joueurs arabes. Par ailleurs, le gouvernement turc, lequel maintient des liens étroits avec les régimes arabes, a aussi été pratiquement silencieux à propos des manifestations.

    Israël se prépare à la possibilité qu’un gouvernement inamical prenne le pouvoir au Caire et c’est ce qui se produira si les Égyptiens triomphent. Tel-Aviv a un plan secret de contingence en matière de sécurité militaire pour l’Égypte. Pour reprendre Netanyahou à la Knesset : « Un accord de paix ne garantit pas l’existence de la paix [entre Israël et l’Égypte], donc afin de protéger cet accord, ainsi que nous-mêmes, nous ferons appel aux mesures de sécurité sur le terrain si l’accord disparaissait ou était violé en raison d’un changement de régime de l’autre côté. »
    Menaces d’une intervention militaire des États-Unis, d’Israël et de l’OTAN en Égypte : Souvenirs de l’invasion de l’Égypte en 1956?

    Il est également possible qu’une nouvelle guerre éclate avec Israël et même que les États-Unis et l’OTAN recourent à une intervention militaire en Égypte. La menace d’une telle intervention doit être considérée. En 1956, les Britanniques, les Français et les Israéliens ont conjointement attaqué l’Égypte lorsque le président Gamal Abdel Nasser a nationalisé le canal de Suez. En se remémorant 1956, les États-Unis et l’OTAN pourraient faire de même. Le général James Mattis, commandant de l’U.S. Central Command, a déclaré que les États-Unis traiteront avec l’Égypte « diplomatiquement, économiquement [et] militairement » si l’Égypte bloquait l’accès du canal de Suez aux États-Unis et à leurs alliés.
     
    En 2008, Norman Podhoretz a proposé un scénario cauchemardesque impensable dans lequel les Israéliens occuperaient militairement les raffineries de pétrole et les ports du golfe Persique pour garantir la « sécurité énergétique » et lanceraient une attaque nucléaire soi-disant préemptive contre l’Iran, la Syrie et l’Égypte.

    Cette année-là, les principales questions soulevées étaient : la « sécurité énergétique » pour qui et pourquoi attaquer l’Égypte, où le gouvernement Moubarak a été un fidèle allié d’Israël?

    Les Israéliens attaqueraient-ils l’Égypte si un gouvernement révolutionnaire émergeait au Caire? C’est essentiellement ce qui s’est produit en Égypte quelques années après que Gamal Abdel Nasser eut pris le pouvoir des mains de Mohammed Naguib. Par ailleurs, une telle attaque militaire contre l’Égypte est-elle liée au plan secret de contingence en matière de sécurité militaire et à propos duquel Netanyahou a rassuré la Knesset?
     
    Un tel scénario terrifiant, comprenant l’utilisation d’armes nucléaires, est-il un risque sérieux? Podhoretz a des liens étroits avec des représentants à la fois d’Israël et des États-Unis. Il convient également de noter que Podhoretz est un lauréat de l’U.S. Presidential Medal of Freedom (Médaille présidentielle de la liberté) pour son influence intellectuelle aux États-Unis et est l’un des premiers signataires du Project for the New American Century (Projet pour un nouveau siècle étasunien, PNAC) en compagnie d’Elliot Abrams, Richard Cheney, John (Jeb) Bush, Donald Rumsfeld, Steve Forbes Jr. et Paul Wolfowitz. Le PNAC a en gros exposé brièvement les plans visant à transformer les États-Unis en un empire mondial par le militarisme à l’étranger et la militarisation au niveau national.

    « Le chaos administré » et les menaces de balkanisation en Égypte : le plan Yinon à l’œuvre?

    L’Égypte ne peut plus être administrée par le régime Moubarak, les États-Unis, Israël et leurs alliés. Les États-Unis, Israël et leurs alliés travaillent donc maintenant à la division et à la déstabilisation de l’Égypte, l’État arabe le plus puissant, afin qu’aucun défi stratégique ne survienne au Caire. Les attaques contre les manifestants pacifiques sur la place Tahrir au centre du Caire par les voyous de Moubarak maniant des massues à dos de chameaux et de chevaux étaient un événement orchestré dans le but de créer un appui du public à l’extérieur du monde arabe en faveur d’un homme fort dictatorial au Caire. L’incident incarnait tous les stéréotypes et l’attitude orientalistes erronés concernant les Arabes et les populations du Moyen-Orient. Il ne serait pas surprenant que les États-Unis, Israël et la Grande-Bretagne y aient directement pris part ou joué un rôle de consultant.

    Incroyablement loin de la réalité, les médias étatiques du régime Moubarak rapportent que ce dernier est appuyé par des millions d’Égyptiens et que l’approbation à ses plans de « gouvernement transitoire » est répandue. Dans une démonstration de désespoir, les mêmes médias étatiques tentent aussi de blâmer l’Iran et ses alliés arabes pour les manifestations en Égypte. Ils ont rapporté que des commandos iraniens et des forces spéciales, accompagnés du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien, ont rempli des missions de déstabilisation et de sabotage contre l’Égypte.

    Ce genre d’accusations par le régime du Caire n’est pas nouveau. Le Yémen, Bahreïn, la Jordanie et Mahmoud Abbas font tous la même chose. À plusieurs reprises dans le passé, le régime Moubarak a blâmé l’Iran, le Hezbollah, le Courant patriotique libre, la Syrie et le Hamas de s’être mêlé et d’avoir incité à la révolte. Lorsque le Courant patriotique libre a critiqué le traitement des chrétiens égyptiens par le régime Moubarak, ce dernier a accusé Michel Aoun de sédition sectaire. Pour sa part, le Hezbollah a été accusé de tenter de semer le chaos en Égypte lorsque Hassan Nasrallah a demandé aux Égyptiens de manifester leur solidarité envers les Palestiniens et d’exiger que leur gouvernement permette que de l’aide humanitaire soit acheminée à la population de la Bande de Gaza.

    Le chaos administré à l’œuvre

    Bien que les voyous de Moubarak sèment aussi le chaos en Égypte pour tenter de garder son régime au pouvoir, la doctrine du « chaos administré » est employée par des acteurs externes avec en tête le plan israélien Yinon. Amener les Égyptiens à se battre les uns contre les autres et transformer l’Égypte en un État divisé et instable, tout comme l’Irak anglo-étasunien, semble être le but des États-Unis, d’Israël et de leurs alliés. Les tensions croissantes entre les Égyptiens musulmans et chrétiens, comprenant les attaques contre les églises coptes, sont liées à ce projet. Dans ce contexte, au treizième jour des manifestations en Égypte, l’église Mar Girgis dans la ville égyptienne de Rafah, près de Gaza et d’Israël, a été attaquée par des hommes armés en motocyclette.

    La Maison-Blanche et Tel-Aviv ne veulent pas d’un second Iran au Moyen-Orient. Ils feront tout ce qu’ils peuvent pour prévenir l’émergence d’une Égypte forte et indépendante.

    Pour les objectifs des États-Unis, d’Israël et de l’OTAN, une Égypte libre pourrait se révéler une menace bien plus grande qu’un Iran non arabe, au cœur du monde arabe.
    Le retour de l’aigle égyptien en tant que champion arabe de l’indépendance?

    Dans le monde arabe et en Afrique, l’Égypte a autrefois représenté un défi stratégique pour les États-Unis, Israël, la France et la Grande-Bretagne. L’Égypte nassériste a aidé la résistance algérienne contre l’occupation française, a soutenu ouvertement les Palestiniens contre l’occupation de leurs maisons par les Israéliens et la résistance yéménite contre l’occupation britannique du Yémen du Sud, a contesté la légitimité des Hachémites installés par les Britanniques et de la dynastie saoudienne appuyée par les États-Unis, et a offert son appui aux mouvements anti-impérialistes et de libération nationale. Sous un gouvernement révolutionnaire, étroitement lié à l’Islam ou non, le Caire pourrait donner au monde arabe un nouveau chef qui raviverait le panarabisme, rendrait Tel-Aviv encore plus nerveux dans ses tentatives de lancer des guerres et rallierait les Arabes et les autres peuples du monde dans une révolte contre la confédération mondiale formée par les États-Unis et leurs alliés.

    L’Égypte n’est pas encore libérée de son état de servitude. Les Égyptiens doivent également aborder le rôle du capitalisme mondial dans l’appui au régime Moubarak, tout en demeurant unis. S’ils réussissent, ils auront un impact majeur sur l’histoire et le siècle actuel.
     
    Addenda
     
    Après la publication du texte, le Hezbollah a publiquement appuyé les manifestations en Égypte. Le gouvernement de la bande de Gaza, dirigé par le Hamas, a également commencé à permettre la tenue de rassemblements en appui aux manifestants égyptiens, alors que Mahmoud Abbas et le Fatah en Cisjordanie les interdisent. Au Liban, le Hezbollah et ses alliés ont aussi tenu des rassemblements pour soutenir les manifestants égyptiens. À cet égard, l’Alliance du 14 mars, alliée du régime Moubarak au Liban, a sévèrement critiqué le Hezbollah et ses alliés politiques.


    votre commentaire
  • Naissance d'un état islamique

    13h45Le président Moubarak aurait quitté Le Caire avec ses proches, selon la chaîne d'information Al-Arabiya. Quelques minutes avant, la même chaîne avait annoncé qu'Hosni Moubarak avait quitté le pays. 

    12h50La colère des manifestants est renforcée par le communiqué de l'armée. Les manifestants rassemblés devant le palais présidentiel lourdement gardé, dont la plupart espéraient obtenir le ralliement de l'armée, ont laissé éclater leur colère en apprenant la position des militaires, et l'un d'entre eux a arraché le micro des mains de l'officier pour protester. "Vous nous avez déçus, on avait mis tous nos espoirs en vous", a-t-il crié, tandis que la foule entonnait des slogans réclamant que le président Moubarak soit jugé. 

    Désormais, le peuple égyptien est seul,analyse Christian Makarian, directeur adjoint de la rédaction de L'Express.


    1 commentaire
  • Egypte : les Frères musulmans manipulés… 

    Les Frères musulmans -principale force d’opposition, officiellement interdite- ont discuté publiquement hier, pour la première fois en un demi-siècle, avec le pouvoir actuel, en présence d’autres groupes de l’opposition.

    Cette séance de «dialogue national» a fait mettre d’accord les protagonistes sur «une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution», a indiqué Magdi Radi, porte-parole du gouvernement, précisant qu’il y a eu «consensus» sur «la formation d’un comité qui comptera le pouvoir judiciaire et un certain nombre de personnalités politiques, pour étudier et proposer des amendements constitutionnels et les amendements législatifs requis (…) avant la première semaine de mars».

    Gagner du temps, faire oublier les raisons de la révolte, assurer une transition à l’avantage du régime en place, telle est la stratégie du pouvoir, selon les analystes.

    Du coup, les Frères musulmans ont immédiatement dénoncé «l’insuffisance des réformes proposées». «Les demandes sont toujours les mêmes. Le gouvernement n’a pas répondu à la majorité des demandes, il n’a répondu qu’à certaines, et de manière superficielle», selon Essam al-Aryane, un haut responsable de la confrérie.

    source


    votre commentaire
  • Réflexions sur la crise égyptienne

    Publié par Bernard Lugan le 6 février 2011 dans Articles - 1 commentaire

    Bernard Lugan : réflexions sur la crise égyptienne

    Après la Tunisie, l’Égypte s’est donc embrasée [2]. Oubliant le « je ne blâme ni ne loue, je raconte », cette règle d’or de leur profession, les journalistes se sont une nouvelle fois faits les porte-voix des manifestants. Se pâmant littéralement devant leurs actions, ils n’eurent pas assez de superlatifs pour décrire le « Peuple » égyptien unanimement dressé contre le « dictateur » Moubarak.

    Tout a basculé dans leur petit univers borné de certitudes et d’approximations quand des partisans de ce dernier sont à leur tour descendus dans la rue ; et en masse. Il y avait donc deux peuples !!! Cette constatation avait de quoi perturber des esprits formatés. Durant un temps l’explication leur fut facile : les contre-manifestants étaient des policiers et des nervis payés[3] ; puis, horreur, ils découvrirent qu’il s’agissait d’habitants venus des « quartiers les plus pauvres ».

    Ainsi donc, des miséreux osaient venir gâcher la grande célébration démocratique dont ils étaient devenus les porte-voix. Plus encore, ces gueux osaient, crime des crimes, s’en prendre aux journalistes, ignorant qu’en France, cette intouchable caste constitue un État dans l’État devant lequel rampent et se prosternent les plus puissants. Ils auront du moins retenu de leur séjour au Caire que sur les rives du Nil les références ne sont pas celles des bords de Seine et que les voyages sont plus formateurs que les écoles de journalisme.

    Ces ignorants n’ont pas vu que la vie politique égyptienne est organisée autour de trois grandes forces. La première, celle qui manifeste en demandant le départ du président Moubarak et pour laquelle ils ont les yeux si doux, est, comme en Tunisie, composée de gens qui mangent à leur faim ; il s’agit en quelque sorte de « privilégiés » pouvant s’offrir le luxe de revendiquer la démocratie. La seconde est celle des Frères musulmans ; pourchassée depuis des décennies et aujourd’hui abritée derrière les idiots utiles, cette organisation tente de se réintroduire dans l’échiquier politique pour imposer sa loi. La troisième force dont aucun « envoyé spécial » n’a jamais entendu parler est celle qui vit dans les quartiers défavorisés, loin donc de l’hôtel Hilton, ce spartiate quartier général des journalistes « baroudeurs », ou dans les misérables villages de la vallée du Nil, loin des yeux des touristes. C’est celle des fellahs besogneux, de ce petit peuple nassérien au patriotisme à fleur de peau qui exècre à la fois la bourgeoisie cosmopolite lorgnant du côté de Washington et les barbus qui voudraient ramener l’Égypte au Xème siècle. Ce sont ces hommes qui ont volé au secours du Rais Moubarak en qui ils voient, à tort ou à raison, là n’est pas la question, un successeur, même lointain, du colonel Nasser.

    Dernière remarque : pendant que la classe politique française sommait le président Moubarak de quitter le pouvoir, le président russe Medvedev avait un long entretien téléphonique avec lui, l’assurant qu’il s’élevait contre les ingérences étrangères. D’un côté des chiens de Pavlov levant la patte face à l’air du temps et de l’autre, un homme d’État familier des subtilités de l’ « orient mystérieux » …

    Bernard Lugan[1]


    votre commentaire
  • Egypte : la révolution n’est pas du goût de l’oligarchie américaine

    Le clan Moubarak continue de manœuvrer pour étouffer ce que les observateurs s’accordent désormais à qualifier de révolution authentique du peuple égyptien. Après l’échec de la répression des manifestants puis de la stratégie du chaos sécuritaire, l’Égypte s’apprête à vivre la deuxième étape du bras de fer qui oppose le peuple au régime en place.

    Si les deux autres protagonistes de ce bras de fer que sont l’armée égyptienne et l’administration US, se sont contentés jusqu’ici d’accompagner la situation, alors qu’ils avaient les moyens de forcer un départ immédiat de Moubarak, le masque est tombé vendredi soir côté américain. L’émissaire d’Obama, l’oligarque Frank Wisner, s’est, en effet, positionné en faveur de son vieil ami Moubarak, en déclarant que le maintien du Raïs était nécessaire pour assurer la transition. L’armée égyptienne, manifestement aux ordres US, s’est aussitôt montrée plus entreprenante en s’employant dés samedi à déloger, en vain, les manifestants de la place Tahrir. Analyse.


    Ce que vit l’Egypte n’est pas une révolte sociale. C’est une véritable révolution

    L’Egypte est à un virage crucial de son histoire moderne. Tenu de main de fer par Hosni Moubarak, depuis presque trente ans, le pays est entrain de vivre une révolution populaire authentique. Cette authenticité tient d’abord au fait que ni le régime de Moubarak, avec son million de policiers et autres centaines de milliers d’agents secrets et d’indic, ni les services diplomatiques et de renseignement américains, très présents dans ce pays, n’ont vu venir le soulèvement populaire, sans précédent, qui secoue l’Egypte depuis le 25 janvier dernier. Cette spontanéité du soulèvement, caractéristique première de toute révolution, ont fait que le mouvement s’est très vite étendu à toutes les couches sociales et à tout le territoire.

    La deuxième raison de l’authenticité de cette révolution est son caractère global, dans ce sens qu’elle est le vecteur d’un rejet, on ne peut plus franc et massif, du système Moubarak et ce, sans distinction de couche sociale, ni de confession, ni d’ethnie, ni de tendance politique, ni de catégorie socioprofessionnelle, ni de composante de la société civile. Le soulèvement est celui de tous les égyptiens, un mouvement qui fédère toute la société ; autre caractéristique des révolutions.

    La troisième raison, enfin, est la plus importante à notre sens. Il ne s’agit pas comme on entend ici et là d’une révolution pour le pain ; Les difficultés économiques ne sont que l’arbre qui cache la forêt, la goutte qui fait déborder le vase. Le peuple égyptien se révolte d’abord contre l’humiliation, l’arbitraire et la dictature ; il est entrain de se battre pour recouvrer ce qu’il y a de plus noble dans la vie humaine : la dignité, la liberté et la justice sociale.

    L’attitude trouble de l’administration US

    Il est pathétique de constater comment les Etats-Unis, pays qui a à peine deux cents ans d’histoire et qui, plus est, fait de la liberté et des droits de l’homme un outil de pression et de chantage permanents au reste du monde, se permettent sous nos yeux de torpiller la révolution d’un peuple opprimé, à l’histoire et à la civilisation millénaires, au motif qu’un lâchage si rapide du régime Moubarak par l’administration américaine risquerait de nuire à ses relations avec les autres dictateurs au service des intérêts américains, ou de produire une chaîne d’escalades soi disant difficilement maîtrisables dans la région, ou encore de nuire aux intérêts d’Israël.

    Oui, il ne faut pas s’y tromper malgré les voix faussement dissonantes des responsables américains. Il semble que l’administration US a décidé finalement de torpiller la révolution du peuple égyptien. Elle le fait, d’abord, en confiant à l’oligarchie, représentée par Frank Wisner qui, plus, est un vieil ami de Moubarak, de s’occuper du casse-tête égyptien. La position de l’émissaire américain indique qu’en coulisses, les USA sont entrain de faire le contraire de ce qu’avait martelé Obama, en juin 2009, lors de son discours du Caire à l’adresse du monde musulman ; supporter la dictature au détriment de la liberté, le règne de l’arbitraire au détriment de la démocratie, un régime voyou contre un peuple pacifique qui n’aspire qu’à recouvrer ses droits humains, les plus basiques.

    La position de Wisner traduit celle de l’oligarchie américaine. Elle revient à exiger non pas du président d’être au service du peuple mais du peuple de soutenir le Raïs, dans sa fin de carrière en tant que serviteur des intérêts américains en Egypte et dans la région. Prétendre que Moubarak doit rester pour assurer la transition c’est se moquer de l’intelligence du peuple égyptien ; c’est comme affirmer que Moubarak ne pouvait pas mourir avant d’avoir assuré sa propre transition !

    Les stratèges américains savent que la cote de popularité des Etats-Unis est à son plus bas niveau dans la région, après tant de trahisons des causes justes de ses peuples, particulièrement en Palestine, en Irak et en Afghanistan. Cette série de trahisons, qui commença dés la fin de la seconde guerre mondiale avec le renversement en 1953 du gouvernement du nationaliste Mohammad Mossadegh en Iran, n’épargnera sûrement pas l’Egypte.

    En se soulevant le 25 janvier, le peuple égyptien a brisé la barrière de la peur et a pris son destin en main pour recouvrer sa liberté et remettre le pays sur le chemin de la renaissance. S’il parvient à empêcher le régime de faire muter sa révolution en un simple mouvement de revendications sociales, en se montrant suffisamment entreprenant et en se tenant prêt à sacrifier, s’il le faut, davantage de vies, pour obtenir le départ du premier responsable de la situation du pays, l’administration américaine et l’armée égyptienne feront vite de lâcher Moubarak.

    Dans le cas contraire, les américains, qui ont déjà commencé à "nettoyer" le parti au pouvoir de ses membres trop encombrants, auront tout le temps nécessaire pour préparer la relève de Moubarak, d’ici septembre prochain. L’objectif majeur des Etats-Unis et d’Israël est d’éviter par tous les moyens que le parti des Frères Musulmans, principale force d’opposition en Egypte, ne puisse, à l’instar de l’AKP en Turquie, jouer un quelconque rôle constructif dans le pays et encore moins dans la région.

    Ben Khabou (07/02/2011)

    par Ben Khabou lundi 7 février 2011


    2 commentaires

  • Qui sont les Frères musulmans ?

    Les Frères musulmans, qui ont entamé jeudi un dialogue sans précédent avec le pouvoir contesté, sont la première force d'opposition en Egypte même s'ils sont officiellement interdits.

    Essam el-Arian, Saad al-Katatni et Mohammed Mursi, représentants des Frères Musulmans en Egypte, force d'opposition importante dans la contestation. AFP Essam el-Arian, Saad al-Katatni et Mohammed Mursi, représentants des Frères Musulmans en Egypte, force d'opposition importante dans la contestation. AFP

    Officiellement bannis de la sphère politique depuis 1954, les Frères Musulmans viennent d'entamer un dialogue avec le président Hosni Moubarak et les autres partis d'opposition.

     

    Les Frères Musulmans sont tolérés dans les faits et disposent d'influents réseaux d'aide sociale. La confrérie est particulièrement active dans les mosquées, où elle mène des actions d'aide aux défavorisés, dans les universités et au sein des syndicats.

     

    Une histoire tourmentée

     

    Au cours de leur histoire, les Frères Musulmans ont oscillé entre opposition violente au pouvoir et collaboration.

    Les Frères Musulmans  correspondent au mouvement le plus ancien de l'islamisme sunnite. Il a été fondé en Egypte en 1928 par Hassan al-Banna, le grand-père de Tariq Ramadan. La pensée de Banna fait du pouvoir politique l'un des piliers de l'islam.

    Dans les années 1940, le mouvement a perpétré des actes sanglants, dont l'assassinat du Premier ministre Mahmoud Fahmi al-Noqrachi en 1948. Ses membres deviennent alors l'objet d'une répression brutale.

    Durant la guerre Froide, dès 1956, Les Frères Musulmans bénéficient d'une aide financière et militaire de la CIA américaine, prête à tout pour affaiblir un pouvoir soutenu par l'URSS.

    Entre 1954 et 1974, le président Gamal Abdel Nasser leur fait la vie dure, après une tentative d'assassinat contre sa personne, imputée au mouvement. Ses membres sont arrêtés par milliers.

    En 1971, le successeur de Nasser, Anouar el-Sadate, fait libérer les Frères musulmans et proclame une amnistie générale. Mais dès 1979, ils vivent très mal le revirement de Sadate et les accords de paix avec Israël.

    En 1981, Sadate sera assassiné par d'ex-membres de la confrérie passés à l'extrémisme.

    Aux élections législatives de 2005, ils obtiennent 88 sièges à l’Assemblée, en présentant des candidats qualifiés « sans étiquette ».

    "Le Coran est notre Constitution" 

    Les Frères Musulmans oscillent entre plaidoyers pour un Etat islamique et assurances de respecter le jeu démocratique. Leur doctrine s'organise autour du dogme du "tawhid" (unicité de Dieu), la fusion du religieux et du politique. Ils  entendent instaurer le règne de la Loi de Dieu (sharia). La devise du mouvement est: "Le Coran est notre Constitution", cela implique le recours aux rares notions politiques contenues dans le Livre. 

    Les Frères Musulmans ont boycotté le second tour des élections de décembre 2010, dénonçant des fraudes massives et des violences au profit du parti au pouvoir du président Hosni Moubarak. La confrérie islamiste, qui présentait ses candidats comme "indépendants", n'avait eu aucun élu au premier tour fin 28 novembre.

    Le président Hosni Moubarak n'avait pas caché sa volonté d'affaiblir leur représentation avant la présidentielle de septembre 2011. En novembre, un rapport du département d'Etat américain avait souligné que les Frères musulmans étaient "sujets à des détentions arbitraires et à des pressions de la part du pouvoir".

    Depuis le début de la contestation au régime de Moubarak, les Frères Musulmans sont une force d’opposition importante dans la contestation, mais refusent de présenter le mouvement actuel comme une révolution islamique.

    Les Frères Musulmans ont entamé jeudi 3 février des discussions avec le pouvoir. Ils ont  toutefois affirmé qu’ils ne présenteraient pas de candidat à la présidentielle. 

    (Nouvelobs.com avec AFP)

    source

    voir aussi ce lien (envoyé par Reineroro )


    1 commentaire
  • Une ambiance de guerre civile dans les rues du Caire
    PAR THOMAS CANTALOUBE

    Le climat devient de plus en plus tendu dans la capitale égyptienne. Les affrontements continuent place Tahrir, les étrangers sont pris pour cible, et les milices pro-Moubarak ont repris du poil de la bête.

    source


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique