• Orange : le départ de la Légion est une catastrophe !

     

     

     

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    Le 7 octobre 2013


     

     

    Entretien réalisé par Charlotte d’Ornellas

    Il y a quelques jours, les Orangeois ont appris le départ des 800 képis blancs de la légion installés depuis 46 ans dans la ville. Pour le député-maire de la ville, Jacques Bompard, la catastrophe est économique, culturelle, affective et identitaire. Environ 1.500 Orangeois manifestaient samedi contre cette décision.

    Les Orangeois ont manifesté cet après-midi. Quelle est leur réaction ?

    Nous sommes furieux et nous voulions apporter notre soutien et notre amitié au 1er régiment étranger de cavalerie qui fait partie intégrante des traditions et de la culture de notre ville d’Orange depuis 1967. Nous voyons ce régiment partir avec désespoir et colère, après avoir suivi ses actions, ses commémorations de Camerone, ses prises d’armes. La vie de ce régiment est au cœur de notre ville. Les militaires eux-mêmes sont inquiets, le site sur lequel ils sont envoyés (Carpiagne) est désert, leurs familles seront éparpillées et les loyers sont beaucoup plus chers. Personne, ici, ne comprend ni la brutalité ni la raison de cette décision.

    Vous n’avez eu aucune explication ?

    Aucune ! S’il y avait eu des explications, on me les aurait données, j’avais demandé à être reçu par le ministre dès les premières rumeurs, ce qui n’a pas été accepté. Je suis contre les dissolutions de régiments, mais je suis capable de le comprendre : quand le budget de l’armée est réduit à la moitié du minimum vital, il est évident que certains régiments ne peuvent plus vivre. Mais ce n’est pas le cas ici : pourquoi déplacer ce régiment pour aller remplacer un autre, dissous à Carpiagne ? Je ne vois aucune explication stratégique. Il y a le site atomique à quelques kilomètres et le terrorisme se développe en France : la vallée du Rhône est donc bien une zone sensible. La raison ne peut donc être que politique, ils veulent servir leurs amis en leur offrant la présence de ce régiment.

    Quelles conséquences pour votre ville ?

    Outre la perte culturelle et identitaire dont je viens de parler, c’est évidemment une catastrophe économique : 900 salaires qui partent en pleine période de crise et qui ne pourront pas être remplacés. Comment envisager que l’État qui gaspille l’argent du contribuable puisse pallier ce manque ? Sans compter la perte pour les commerces de la ville ou l’immobilier. J’attends avec curiosité la réunion de compensation proposée par le préfet et le conseil régional, le 29 octobre ; mais il ne faut pas oublier que l’État détruit des emplois, mais n’a pas les moyens de les remplacer.

    Cette décision pourrait-elle être dirigée contre vous ?

    Je suis dans une opposition constructive, je dis effectivement que tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des monde, mais dire le contraire n’aiderait en rien le gouvernement. Ce départ n’a aucun impact électoral, ce n’est pas la raison de mon désarroi ! Sur les 900 soldats qui partent, 700 sont militaires du rang et ne votent pas, la moitié des autres votent dans leur ville d’origine. Je ne suis pas élu grâce aux militaires. Je fais 62 % dès le premier tour parce que je me mets au service des citoyens et qu’ils le reconnaissent ! Beaucoup sont d’ailleurs venus me féliciter cet après-midi.

    Envisagez-vous d’autres actions ?

    Nous allons tenter un recours juridique parce qu’il y a bien une inégalité de traitement entre les citoyens. Ce qui se passe est parfaitement antidémocratique puisque c’est une décision politique. Il y a un vrai mépris de la population et des familles de militaires. Mais l’espoir est mince: même si je gagne, je ne pourrai pas changer la décision de l’État. Lequel avait, par exemple, été condamné pour la fermeture de la maternité de Valréas, mais elle n’a pas rouvert, malgré la décision de justice qui le stipulait.


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