• République Bananière d'Ukraine, épisode 2

    La ville de Kiev vit désormais sous le règne de la « Pax Bandera ». « Pravy Sektor » a annoncé qu’il ne comptait pas quitter Maïdan, ce qui en dit long sur la légitimité des élections du 25 mai. L’Union européenne validera peut-être cette nouvelle forme de démocratie contrôlée par la rue, qui sait ? La nouvelle URSS est assurée de la loyauté de la Rada grâce aux très efficaces patrouilles des milices de Svoboda et de Pravy Sektor. Ainsi, bien qu’encore majoritaire, les députés du parti des régions ont voté

    pPublié par  le 24 février 2014 dans Éditoriaux our l’abolition du russe en tant que langue régionale. Gageons que, si les élus des zones russophones sont un jour laissés libres de rentrer dans leur circonscription en vie, la pilule sera dure à faire passer à leur électorat. Le très démocrate leader de « Svoboda », Oleg Tiagnibok, a encore beaucoup d’idées et de lois urgentes à faire passer sur l’interdiction des partis politiques, de la télévision russe, des anciens fonctionnaires du parti des régions… C’est à peu près le programme ségrégationniste de Franco Tudjman de 1990 à 1992 contre les Serbes de Krajina, poussant ces derniers à se soulever à lui infliger une série de revers militaires. Les Allemands et les Américains, avec la bénédiction de Milosevic, lui permettent d’épurer ethniquement la région entre mai et août 1995. La situation est cependant légèrement différente pour les « banderistes » ukrainiens, dont les plus radicaux ont d’ailleurs décidé de reprendre Koursk, Briansk et Belgorod aux Russes. Avec Vladimir Poutine en face, il est peu probable que beaucoup d’Allemands se portent volontaires pour recevoir une nouvelle raclée par l’armée russe, ou que les avions américains appuient l’offensive « banderiste ». En vue de cette attaque imminente, les « bandéristes » de Kiev ont commencé à dépouiller les automobilistes. Une mise en place tout-à-fait démocratique de l’impôt révolutionnaire.

     

    Nous avions à plusieurs reprises expliqué que le premier problème de l’Ukraine était un financement de sa dette à court terme. Comme par miracle le gouvernement issu du putsh et l’Union européenne, et même la presse française, viennent de s’en apercevoir à leur tour… Il était temps. Oh miracle ! L’UE pourrait prêter $20 milliards à l’Ukraine. Même les États-Unis seraient prêts à mettre la main au porte-monnaie ! Quel dommage que les deux technocraties ne s’en aperçoivent que maintenant. $15 milliards pour l’Ukraine en novembre dernier et la cause était entendue. Évidemment, ni l’UE, ni les États-Unis ne vont consentir un effort financier de cette sorte. Si aide il y a, ce qui est peu probable, elle sera soumise à des conditions telles que l’augmentation de l’âge de la retraite, du prix du gaz pour les personnes physiques et privées, la baisse des prestations sociales, des salaires des fonctionnaires etc. Elle sera également étalée sur une bonne dizaine d’années. Rien de cela n’avait été exigé par la Russie. Les Ukrainiens, même de l’ouest, vont pourvoir commencer à faire leurs comptes. Comment l’UE pourrait expliquer à ses états membres sous perfusion, auxquels elle fait payer par des politiques de rigueur épouvantables, le moindre euro versé, qu’elle va se délester de $10 milliards pour embêter la Russie.

    La mise sous-tutelle du parlement par les radicaux et l’attaque du bureau du gouverneur de Kharkov par les « banderistes » justifient pleinement le doute que vient d’émettre le Premier Ministre Medvedev sur la légitimité du pouvoir de la Rada actuelle.

    C’est en Crimée que la situation a le plus évolué avec une volonté séparatiste affichée. Cela s’est traduit par l’élection d’un nouveau maire et la levée massive de volontaires par le « Russki Blok ». Rappelons que si à l’est de l’Ukraine se trouvent les Ukrainiens russophones, la Crimée est peuplée de Russes ethniques, qui ne se considèrent pas ukrainiens. La presqu’ile n’a historiquement aucun lien réel avec l’Ukraine. Les drapeaux russes ont été hissés à Kerch ou à Sévastopol, les groupes d’auto-défense se forment et il ne fait pas bon être « banderiste » dans la région. Le drapeau ukrainien y a été brûlé. Dans le sud de l’Ukraine également, à Odessa, une grande manifestation a eu lieu contre les « fascistes » de Kiev.

    L’est de l’Ukraine aussi est secoué par des affrontements. Outre Kharkov, des coups de feu ont été échangés à Lugansk entre « banderistes » et un groupe local d’auto-défense.

    La communauté juive de Kiev, après avoir été discrète pendant ces derniers jours, sans doute sous la pression américano-européenne, ne cache plus sa peur, comme le relate le quotidien Haaretz. Il y a peu de chance que les juifs d’Ukraine s’attirent la sympathie des histrions papillonnant autour de Bernard-Henri Levy. L’instauration du nouvel ordre mondial en Ukraine est à ce prix.


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