• Un an de répit entre deux fois vingt ans de guerres froides

    Un an de répit entre deux fois vingt ans de guerres froides

    Lisa Sion 2

    Entre le 9 novembre 89 et le 15 janvier 91, durant ce court répit ayant vu tomber le plus lourd symbole de l’Europe écartelée, j’ai finalement décidé de mettre au monde un enfant dans ce climat qui me semblait enfin sorti de ce bras-de-mur-de-rideau-de-fer...J’avais trente sept ans. Nous l’avons conçue le 14 octobre 90 afin qu’elle naisse le soir du 14 juillet 91, lui offrant ainsi à chaque anniversaire une formidable salve de ce feu pacifique, et tout a fonctionné exactement comme nous l’avions prévu, à part le caractère pacifique de ce monde soumis au feu endiablé permanent.

     

    « Selon un sondage, publié début janvier 91, 75% des Français pensaient que rien ne pouvait justifier une guerre contre l’Irak. Par contre quelques jours plus tard, ces mêmes Français approuvaient à 80% l’offensive militaire des alliés. Entre les deux que s’était il passé ? Une couverture médiatique massive qui présentait une « guerre courte et propre », dans laquelle les Occidentaux risquaient peu de pertes… » .

    C’est une formidable histoire toute fraiche qui m’avait persuadé que l’humanité basculerait enfin tranquillement dans la grande paix mondiale aux confins de ce périlleux millénaire qui devait s’achever dix ans plus tard, et aborderait enfin le suivant sur un nuage de bonheur contagieux au point de décider d’accepter d’y engendrer notre progéniture :

    Deux jeunes allemands avaient entrepris de faire le tour du monde sur leur latitude en planche à voile. Ils partirent vers l’ouest et arrivèrent un jour à Vladivostok, Russie orientale, touchant la côte sous le regard médusé de deux plantons dans une guérite...Ceux ci prirent leur téléphone pour signaler à Moscou la présence de ces intrus afin d’obtenir l’autorisation d’entrée sur le territoire, et Moscou interpréta immédiatement comme un début d’invasion tellement la ligne devait être mauvaise. Ils envoyèrent instantanément deux gros porteurs bourrés d’hommes en armes, firent sonner toutes les alarmes et les feux rouges clignotants, et réveillèrent instantanément toutes les troupes en alertes rouge, ce qui est extrêmement révélateur du climat de vigilance stressante qui régnait pendant toute la durée de ladite guerre froide...

    Arrivés surplace, et après observation soutenue de toutes les vues satellites de toute la zone, l’état major tenté au préalable de refouler ces deux envahisseurs dans les eaux froides du détroit de Bering, finit par accepter la poursuite de leur périple, mais pas sans les faire suivre par une patrouille de militaires. L’affaire fit si grand bruit que nos jeunes méritants arrivèrent sur la place rouge entre deux files de badauds applaudissant sur leur passage. Ils furent reçus au Kremlin par de hauts dignitaire du parti et j’avais pensé personnellement que ces petits hommes de bonne volonté allaient enfin réussir à eux seuls, à faire tomber les barrières et rompre les chaines de la scission européenne déjà nettement fragilisée. A peine rentrés chez eux, le mur de Berlin s’écroulait quelques semaines plus tard.

    J’ignorais qu’en fait, le mur finit par tomber pour une autre raison dont ne se vantaient pas les médias de l’époque : «  Depuis les années 1950, les hommes de la guerre froide en Allemagne de l’Ouest lancèrent une violente campagne de sabotage et de subversion contre l’Allemagne de l’Est en vue d’enrayer au maximum l’appareil économique et administratif de ce pays. La CIA et d’autres services de renseignement et de l’armée recrutèrent, équipèrent, entraînèrent et financèrent des groupes d’activistes et des individus de nationalité allemande, de l’Ouest comme de l’Est, pour qu’ils mènent des actions en tous genres, allant du terrorisme à la délinquance juvénile, en bref, tout ce qui pouvait rendre la vie pénible aux citoyens est-allemands et miner leur soutien au gouvernement ou donner la plus mauvaise image qui soit aux communistes. Ce fut une remarquable entreprise. Les États-Unis et leurs agents recouraient aux explosifs, provoquaient des incendies, des courts-circuits et usaient d’autres méthodes encore pour endommager centrales électriques, chantiers navals, canaux, docks, bâtiments publics, gazomètres, transports en commun, ponts, etc. Ils faisaient dérailler des trains de marchandises, blessant gravement des travailleurs ; un jour, ils incendièrent douze wagons d’un autre train de marchandises. Ils détruisaient des stations d’air liquide ou autres ; se servaient d’acides pour endommager les machines vitales de certaines usines, jetaient du sable dans la turbine d’une autre, la forçant à l’arrêt. Ils mirent le feu à une tuilerie. Ils encourageaient le ralentissement des cadences dans des ateliers. Ils tuèrent par le poison 7.000 vaches d’une laiterie coopérative. Ils ajoutaient du savon au lait en poudre destiné aux écoles est-allemandes. Quand on les arrêta, ils étaient en possession d’une quantité importante de cantharidine, à l’aide de laquelle ils avaient l’intention d’empoisonner des cigarettes destinées à tuer des Allemands de premier plan. Ou encore ils déclenchaient des bombes puantes pour semer la pagaille dans des meetings politiques. Un jour, ils tentèrent de perturber le Festival mondial de la jeunesse à Berlin-Est en envoyant de fausses invitations, de fausses promesses de gratuité du gîte et du couvert, de faux avis d’annulation, etc. Ils agressèrent même des participants au festival à l’explosif, à la bombe incendiaire ou en recourant à des dispositifs pour crever les pneus de voitures. Ils fabriquaient et distribuaient de fausses cartes de ravitaillement en vue de créer la confusion, de provoquer des pénuries et ainsi le mécontentement de la population. Ils envoyaient de faux avis de taxation et autres directives et documents de l’État pour stimuler la désorganisation et la foire d’empoigne dans l’industrie et les syndicats… Et la liste est loin d’être terminée. Tout au long des années 1950, les Allemands de l’Est et l’Union soviétique introduisirent un nombre incalculable de plaintes auprès des anciens alliés occidentaux de l’URSS ainsi qu’auprès des Nations unies à propos d’actes spécifiques de sabotage et d’activités d’espionnage ; ils réclamèrent également la fermeture des bureaux en Allemagne de l’Ouest qu’ils tenaient pour responsables, en fournissant même des noms et des adresses. Toutes ces plaintes furent lettres mortes. »Source, http://www.comite-valmy.org/spip.php?breve154

    Le mur a fini par tomber parce que ce n’était finalement qu’une odieuse mascarade politicienne.

    Vingt ans après, les services secrets étasuniens, qui avaient eux même armé les Allemands dans les années trente, fomenté eux même la dernière guerre mondiale, encouragé la construction du mur de Berlin, participé à la ruine programmée de l’Empire russe, et à la Mac Carthysation du communisme, arrivent aujourd’hui, dans leur longue campagne de déstabilisation du monde entier, jusqu’aux confins de l’Afghanistan. Il ne leur reste plus qu’un maillon manquant pour réunir leur chaine aux chevilles de tous les pays tranquilles du monde entier...Il ne leur reste plus qu’un élément à assembler pour finir le puzzle des plus belles pièces de leur Monopoly mondial des pays esclaves... Il leur faut absolument dans le filet de leur course infâme à travers les cinq continents soumis, alpaguer... l’IRAN.

    Ce dernier pays, entièrement autonome et non agressif, en dehors d’un franc parler redoutablement courageux et tellement vrai devant toutes les tribunes de chaque congrès international, et d’une politique de défense naturelle dénuée de toute paranoïa maladive, a le malheur de ne pas être cent pour cent juif et doit donc se plier sous le joug de la maquedoïsation de n’importe quelle musulmanière !

     

    Question ? Ne serait-ce pas finalement les deux guerres froides et toutes ces interventions violentes et récurrentes qui participeraient le plus au réchauffement de la planète, qui pèse le plus lourd auprès de ceux qui cultivent avec désespoir le sol poussiéreux de pays ravagés où vivent 1,4-milliard-de-pauvres ? Et ne serait-ce pas encore un nouveau millénaire de guerre froide qui nous pend au nez... ?

     

    Voilà, ma fille a dix huit ans, et je ne suis pas fier du monde dans lequel j’ai eu le béat optimisme de croire au point de l’y inviter à naitre. Après vingt ans de guerre froide qui ont conditionné toute ma jeunesse, cette courte pause ayant réveillé ma graine d’espoir, et ces vingt nouvelles années de guerre froide que la couverture médiatique massive présentait comme une « guerre courte et propre », toutes ces guerres d’un autre age commencent à me chauffer les oreilles.

    Le moment n’est-il pas venu d’une savante frappe chirurgicale ?


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