• "¡Viva la muerte !"

    Espagne : une chômeuse met ses organes en vente

    Grégory Plesse | Publié le 13.11.2012, 07h28

    VALENCE (ESPAGNE), VENDREDI. En mettant ses organes en vente sur le Web afin de vivre dignement, cette Espagnole de 44 ans souhaite aussi attirer l’attention sur les femmes victimes de violences domestiques.

    VALENCE (ESPAGNE), VENDREDI. En mettant ses organes en vente sur le Web afin de vivre dignement, cette Espagnole de 44 ans souhaite aussi attirer l’attention sur les femmes victimes de violences domestiques. | (« EL MUNDO »/BENITO PAJARES.)

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    Menacée d’expulsion, sans , une Espagnole de 44 ans a mis en vente il y a quelques jours ses organes sur . Poumon, cornée, un de ses reins ou poumons, un morceau de foie… elle est prête à se séparer de tout ce qui n’est pas vital pour pouvoir se payer — à elle et sa fille de 22 ans — un et de quoi vivre enfin dignement.
     


    Le geste désespéré de cette habitante de Valence, qui s’est confiée dimanche au quotidien « El Mundo », a suscité une immense vague d’émotion dans son pays, englué dans la crise. « Ce n’est pas juste ma situation personnelle que je veux mettre en lumière, c’est aussi celle de millions de femmes en Espagne, victimes de violences domestiques et qui ne sont pas prises au sérieux. »

    C’est justement ce qui lui est arrivé pendant dix-huit ans avant qu’elle ne divorce. Des mauvais traitements qui ont laissé cette femme invalide à 66%. Son ex-époux, avocat, est aussi propriétaire de « l’appartement très humble » dans lequel elle vit, mais les maigres aides sociales qu’elle perçoit (460 € par mois) ne lui permettent plus de payer le loyer.

    Aucun acheteur ne s’est manifesté

    A l’issue du procès qu’elle lui a intenté pour violences, son ancien mari a été relaxé malgré de nombreuses preuves apportées devant le juge. « En Espagne, certains maris tuent leur femme en toute impunité. Celles qui survivent sont laissées à l’abandon, sans rien. C’est comme si on les tuait aussi », se désole la quadragénaire.

    Faute d’avoir pu trouver de l’aide auprès des services sociaux, dont le champ d’action a été sérieusement réduit par la crise, dans l’impossibilité de trouver du travail (« qui embaucherait une invalide quand il y a 25% de chômage en Espagne? » s’interroge-t-elle), elle se prépare donc à accomplir un geste aussi extrême qu’illégal. Le don d’organes non autorisé est en effet passible de douze ans de prison en Espagne. « Je suis passée par l’impuissance et la terreur, et maintenant le désespoir. Je n’ai rien d’autre que mes organes pour aider ma fille. Si ce n’était pour elle, je ne serais plus de ce monde depuis longtemps », concède-t-elle. « On ne peut pas me rendre les années de cauchemar que j’ai vécues, mais j’ai le droit d’exiger que ma vie future soit meilleure. » Elle aurait déjà pris contact avec un médecin à Melilla, une ville espagnole autonome sur la côte nord du Maroc, qui pourrait à terme se charger des prélèvements. A ce jour, aucun acheteur ne s’est encore manifesté.

    AUDIO. Elle vend ses organes pour éviter l'expulsion

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